Une vingtaine de membres de la direction de Batasuna, bras politique d'ETA, interpellés en Espagne (5 octobre 2007) © TF1/LCILe parti indépendantiste basque Batasuna est un mouvement interdit en Espagne. Il a été déclaré illégal en 2003 en raison de ses liens avec le groupe armé ETA et toutes ses activités sont en principe interdites. En principe seulement, car l'interdiction n'empêchait pas, depuis, la tenue de réunions clandestines. C'est lors de l'une de ces réunions que le juge antiterroriste Baltasar Garzon avait décidé de frapper, conduisant à 23 arrestations jeudi dernier. Le but était clairement de décapiter la direction de Batasuna pour éviter la réorganisation de ce parti après la rupture de la trêve de l'ETA en juin 2007. Sur ces 23 militants présentés ce dimanche à l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole en charge du dossier basque, figuraient 19 dirigeants de Batasuna, dont deux responsables basques français. Pour la majorité d'entre eux, la prison ferme a été requise.
Nouveau pied de nez aux autorités de la militante basque Aurore Martin
La militante basque, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne et dont la tentative d'arrestation par la police française, mardi, avait avorté, était présente dans une manifestation de soutien organisée samedi à Bayonne.
Publié le 25/06/2011
La militante basque Aurore Martin sort de la clandestinité
La militante basque française, 32ans, qui se cachait depuis le 21 décembre pour échapper à l'exécution d'un mandat d'arrêt européen, est apparue samedi soir devant une salle comble à Biarritz.
Publié le 19/06/2011
Cette stratégie offensive du juge, dénoncée comme une "énorme bêtise judiciaire et politique" par le parti indépendantiste basque non violent Aralar, est aujourd'hui justifiée par les révélations de la presse espagnole sur la réorientation de la stratégie de Batasuna. Le parti indépendantiste était apparemment sur la voie d'une radicalisation et d'une plus grande proximité avec l'ETA.
"Justification de la politique de la violence"
"Batasuna allait essayer de reconstituer une structure interne pour mieux s'adapter à la stratégie violente de l'ETA après la rupture du cessez-le-feu du 5 juin" par le groupe indépendantiste armé, écrit El Pais. Le quotidien de gauche proche du pouvoir socialiste indique se baser sur des documents saisis par la police lors des perquisitions qui ont suivi l'interpellation de jeudi soir. Dans un texte à usage interne, le parti radical, traditionnel bras politique de l'ETA, parle de "justification de la politique de la violence et de collaboration pour générer un climat d'instabilité", selon El Pais.
Le journal conservateur ABC va dans le même sens, en affirmant que le débat interne au sein de Batasuna s'articulait sur une "stratégie politique pour donner une couverture aux attentats" de l'ETA, avec notamment l'intégration à la direction du parti de personnalités radicales. De même, El Mundo (libéral) indique que le ministère de l'Intérieur "assure avoir accumulé les preuves" que la direction de Batasuna préparait "la couverture politique de la stratégie terroriste de l'ETA".
Les responsables de Batasuna interpellés jeudi soir écroués |
La justice espagnole a décidé dimanche la mise en détention d'une majorité des responsables du parti indépendantiste basque Batasuna interpellés jeudi soir, dont le porte-parole Joseba Permach, a-t-on appris de source judiciaire. Le juge Baltasar Garzon, qui instruit ce dossier, a ainsi suivi les réquisitions du parquet général qui lui demandait la mise en détention provisoire pour appartenance en récidive à "une organisation terroriste". En particulier, le juge de l'Audience nationale a décidé de la mise sous écrou de Joseba Permach, l'un des principaux porte-parole du parti radical et du responsable de la communication de ce mouvement, Juan José Petrokorena. |
D'après agence
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