Coup de filet chez les indépendantistes basques

le 05 octobre 2007 à 07h37 , mis à jour le 05 octobre 2007 à 12h46

Une vingtaine de membres de la direction de Batasuna, bras politique d'ETA, ont été interpellés lors d'une réunion clandestine.

TF1/LCI : Une vingtaine de membres de la direction de Batasuna, bras politique d'ETA, interpellés en Espagne (5 octobre 2007)Une vingtaine de membres de la direction de Batasuna, bras politique d'ETA, interpellés en Espagne (5 octobre 2007) © TF1/LCI

La justice espagnole a porté un nouveau coup dur à Batasuna, le bras politique d'ETA, avec l'arrestation jeudi à soir d'une grande partie de sa direction réunie en "assemblée clandestine" au Pays Basque. Près de quatre mois après l'emprisonnement d'Arnaldo Otegi, leader emblématique de ce parti indépendantiste, 22 membres de la direction ont été interpellés par la police sur ordre du juge Baltasar Garzon. Le magistrat madrilène soupçonne que la réunion à Ségura avait pour objectif une passation de pouvoir entre ancienne et nouvelle direction de Batasuna.

L'opération s'est déroulée à Ségura, localité du Pays Basque espagnol. Parmi les interpellés figurent une partie des membres du bureau national de Batasuna - qui compte un total de 38 personnes -, dont Joseba Permach l'un des principaux porte-parole du mouvement. Juan José Petrikorena, le responsable de la communication au sein de Batasuna, Rufino Etxeberria et Marije Fullaondo, militante apparue récemment sur le devant de la scène, ont également été arrêtés. Deux Basques français seraient aussi sur la liste des interpellés, selon la radio nationale espagnole.

Nouveau coup dur pour Batasuna

Ces interpellations font suite à celles, mardi à Saint-Sébastien, de Joseba Alvarez, l'un des principaux porte-parole du parti et responsable des relations internationales. Le procureur général de l'Etat espagnol Candido Conde-Pumpido a confirmé l'opération en expliquant que les personnes interpellées "continuaient de se livrer à des activités interdites en se réunissant". Batasuna est un parti interdit d'activité et de représentation électorale depuis 2003 en raison de ses liens avec l'ETA dont il ne condamne pas explicitement la violence. 

Les personnes interpellées devraient être conduites à Madrid pour y être présentées au juge samedi ou dimanche. Elles encourent des poursuites judiciaires dans le cadre du dossier instruit par Baltasar Garzon sur les liens entre Batasuna et l'ETA, et le financement présumé de l'organisation armée dans lequel la plupart des dirigeants de Batasuna sont déjà inculpés. Les militants du parti radical interpellés jeudi et déjà inculpés dans ce dossier feront l'objet de poursuites pour "récidive". Les autres seront poursuivis pour "appartenance à une organisation terroriste".

Les indépendantistes d'Aralar protestent

L'opération est un nouveau coup dur pour Batasuna, quatre mois après l'annonce par l'ETA d'un retour à la lutte armée, qui a entériné l'échec d'une tentative de règlement négocié entamée avec le gouvernement socialiste pendant sa trêve de 2006. L'ETA, tenu pour responsable de 819 morts en 39 ans d'attentats contre l'Etat espagnol pour l'indépendance du Pays Basque, a repris les attentats cet été, avec notamment l'explosion d'un véhicule piégé près d'une caserne qui a fait deux blessés légers. Le leader de Batasuna, Arnaldo Otegi, l'un des principaux artisans du "processus de paix" de paix avorté, a été incarcéré le 8 juin - trois jours après la rupture de la trêve de l'ETA - après confirmation par le Tribunal suprême d'une condamnation à 15 mois de prison prononcée contre lui en 2006 pour "apologie du terrorisme".

Le parti indépendantiste basque non violent Aralar, né d'une scission avec Batasuna en 2002 a vivement dénoncé dans un communiqué ces 22 arrestations qui "en aucun cas n'aident à se rapprocher de la paix". Exigeant "la libération immédiate" des personnes interpellées, Aralar a qualifié les interpellations d'"énorme bêtise judiciaire et politique".

D'après agence

le 05 octobre 2007 à 07:37
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1 Commentaires

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  • Cumpalliols, le 05/10/2007 à 09h03

    L'Espagne est elle réellement une démocratie ? Lorsque l'on sait que certains partis y sont interdit et que leurs membres sont emprisonnés, on peut en douter.

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