L'enquête est-elle verrouillée par les autorités russes ?

le 08 octobre 2007 à 13h27 , mis à jour le 08 octobre 2007 à 16h31

L'enquêteur russe chargé de l'affaire de l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa déplore le contrôle des autorités.

TF1/LCI : Anna Politkovskaïa, rare journaliste russe à couvrir la Tchétchénie, assassinée à MoscouAnna Politkovskaïa, rare journaliste russe à couvrir la Tchétchénie, assassinée à Moscou © TF1/LCI

Les autorités russes controlent l'enquête sur l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa il y a tout juste un an. C'est ce que déplore l'enquêteur russe chargé de l'affaire. "Vue la résonance de ce meurtre, il était évident que l'enquête serait sous le contrôle renforcé de l'Etat et de la société (...) C'est très gênant. Car les gens ne se rendent pas compte de la spécificité de notre travail et sont prêts à tirer des conclusions", a expliqué Petros Garibian, dans une interview lundi à Novaïa Gazeta, le journal où travaillait Anna Politkovskaïa.

Il indique par ailleurs que le crime était "élucidé" mais que le tueur n'est toujours "pas mis en examen". "C'est une autre affaire que d'établir toute la chaîne, du commanditaire à l'exécutant. Et de préparer les preuves indiscutables pour le tribunal", assure l'enquêteur Petros Garibian. "Onze personnes ont été mises en examen", reconnaît-il, "mais la liste n'est pas encore close" a-t-il dit dans ce numéro spécial consacré au premier anniversaire de cet assassinat, intervenu le 7 octobre 2006. "Le meurtrier n'est pour l'instant pas mis en examen. Mais nous savons qui c'est", ajoute-t-il, sans préciser s'il fait partie des personnes interpellées.

Une dizaine d'inculpés 

En septembre, un ex-responsable de l'administration tchétchène pro-russe, Chamil Bouraev, a été inculpé. Avant cela, le 27 août, le Parquet avait annoncé l'arrestation d'une dizaine de suspects, dont des membres du ministère de l'Intérieur et du FSB, l'ex-KGB. Mais certains ont été relâchés et le rôle d'un officier du FSB reste trouble, de quoi alimenter les critiques contre les enquêteurs. Petros Garibian qualifie ces relaxes de "pratique normale" : "on arrête des suspects, on mène des interrogatoires, on vérifie les alibis".

Anna Politkovskaïa, une des rares journalistes russes à avoir continué à couvrir le conflit lancé en 1999 en Tchétchénie et à dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme, a été assassinée le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble à Moscou. Le premier anniversaire de sa mort, pour lequel seules quelques centaines de personnes ont manifesté dimanche à Moscou, est passé quasi inaperçu en Russie. Et les articles à ce sujet étaient rares dans la presse lundi.

(D'après agence)

le 08 octobre 2007 à 13:27
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2 Commentaires

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  • Petitpiou, le 09/10/2007 à 08h30

    La lâcheté et l'hypocrisie sont l'apanache des puissants. Plus on monte haut en pouvoir, plus on descend bas en moralité. Ça ressemble étrangement à l'affaire Jerzy Popieluszko en Pologne en 1984. Comme quoi on continue à faire appel aux bonnes vieilles méthodes d'antan.

  • Robin, le 08/10/2007 à 20h07

    Comme il y a eu DIX HUIT journalistes pas très favorables à Poutine qui ont été assassinés sans qu'aucun des criminels ne soit inquiété, on peut se poser la question....

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