Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine lors de leur conférence de presse commune le 10 octobre 2007 à Moscou © TF1/LCIAu 2e jour de la visite de Nicolas Sarkozy à Moscou, le chef de l'Etat et Vladimir Poutine ont de nouveau affiché leurs relations cordiales lors de leur point-presse commun. Nicolas Sarkozy a notamment appelé son homologue par son prénom au début de son intervention, qui suivait un nouvel entretien et qui précédait un déjeuner de travail. Comme mardi soir à l'issue de leur dîner commun, le locataire de l'Elysée a qualifié les discussions entre les deux hommes de "franches" et "amicales", même sur les divergences.
A propos du Kosovo, dont Moscou, allié de la Serbie, rejette l'indépendance prônée par la France, Nicolas Sarkozy a jugé "très important que l'Europe reste unie", car il s'agit "d'abord d'une affaire européenne", et a souhaité "une solution qui n'humilie personne". Concernant le nucléaire iranien, il a noté des "convergences" sur les positions de la France et de la Russie en saluant "la volonté de coopérer" des deux pays. Un point de vue non-partagé par Vladimir Poutine qui a déclaré, contrairement à la position officielle française, "ne pas avoir d'informations" montrant que l'Iran est sur le point de "produire des armes nucléaires". Mais s'est dit prêt à "continuer à coopérer" avec la communauté internationale sur ce dossier.
"En France, personne n'est au-dessus des lois"
Un peu plus tôt, rompant avec l'attitude de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait mis en application son principe de franc-parler en suggérant que la Russie faisait preuve d'un déficit démocratique. Après avoir rencontré la communauté française, il s'est en effet rendu dans la matinée à l'Université Bauman, la plus prestigieuse école d'ingénieurs de Russie. Et son message lancé aux étudiants n'était pas forcément des plus tendres pour le pouvoir. "Construisez une société russe démocratique et le monde vous en sera reconnaissant", a-t-il demandé aux étudiants. "Dans mon pays, chaque pouvoir doit rendre des comptes, personne n'est au-dessus des lois. C'est tellement mieux de vivre dans une démocratie", a-t-il poursuivi. "Si la jeunesse le veut, les droits de l'Homme seront respectés", a-t-il ajouté, manifestement sans susciter un grand enthousiasme dans son auditoire, qui a poliment applaudi la fin de son intervention.
Lors de la conférence de presse, justement interrogé sur la question des droits de l'Homme, Nicolas Sarkozy a précisé que "la France ne souhaite donner de leçon à personne". "Je reconnais et comprends la spécificité russe et j'ai fait valoir sur un certain nombre de questions mes convictions avec franchise à Vladimir Poutine", a-t-il souligné. Dans l'après-midi, il a également rencontré une ONG russe spécialisée dans la défense des droits de l'Homme, un rendez-vous rajouté à son programme à la dernière minute.
Invitation(s)
Enfin, pour garantir son "amitié" à la Russie en général et à Vladimir Poutine en particulier, Nicolas Sarkozy a invité le prochain président russe -le mandat du chef de Kremlin se termine en mars 2008 et il ne peut pas se représenter- à assister au tir de Soyouz depuis Kourou l'année prochaine. Et il a également proposé à son homologue de venir en France pour son premier voyage à l'étranger après qu'il aura quitté la présidence.
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