Le nouveau traité européen à l'épreuve de l'adoption

le 18 octobre 2007 à 06h45 , mis à jour le 18 octobre 2007 à 19h03

Les dirigeants européens, réunis à Lisbonne ce jeudi et vendredi, doivent adopter le texte chargé de remplacer la défunte constitution. Avant les derniers réglages qui devraient créer d'ultimes négociations, comparaison entre ce nouveau traité et l'ancien.

TF1/LCI : Drapeaux d'Etats membres de l'UEDrapeaux d'Etats membres de l'UE © TF1/LCI

Même si des problèmes subsistent, notamment avec la Pologne  qui a posé de nouvelles exigences et l'Italie, le nouveau traité européen, baptisé "Traité réformateur", âprement négocié en juin à Bruxelles, est désormais sur la table des dirigeants européens.

Réunis à Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement vont donc entamer ce jeudi lors de leur sommet les dernières négociations. L'objectif est clair et devrait, selon tous les observateurs, être atteint au plus tard vendredi : adopter ce traité dans la capitale portugaise. La signature formelle aurait lieu dans ce cas  en décembre pour que la procédure de ratification commence dans chaque Etat membre début 2008 pour une entrée en vigueur en 2009. Pour l'instant, seule l'Irlande a annoncé l'organisation un référendum. La France devrait choisir la voie parlementaire.
 
En attendant le texte définitif, voici un premier aperçu des modifications entre la Constitution et le nouveau traité.
 

CE QUI A DISPARU

- Le nature du texte : l'ancien (le TCE) était une Constitution qui remplaçait tous les traités précédents par un document unique. Le nouveau traité amende simplement les deux traités "fondateurs" (le traité de Rome de 1957 sur la Communauté européenne et le traité sur l'UE de Maastricht en 1992), comme les traités d'Amsterdam (1996) ou de Nice (2000).

- Les termes pouvant assimiler l'UE à un Etat fédéral, comme "Constitution" justement, sont éliminés comme les symboles (drapeau, hymne, devise), qui continueront néanmoins à exister.

- La partie III sur les politiques de l'UE, la plus controversée du débat lors du référendum en France. Les sujets concernés -l'agriculture, le fonctionnement du marché intérieur, la coopération judiciaire et policière, la libre concurrence...- avaient été extraits des différents traités auxquels ils appartenaient pour être regroupés dans le TCE. Ils retrouvent leur place dans leur traité d'origine.

- la référence à une concurrence libre et non faussée comme "objectif de l'UE".


CE QUI CHANGE

- pouvoir renforcé pour le Parlement européen, dont le nombre de députés diminue.

- pouvoir renforcé pour les compétences nationales avec notamment un rallongement du délai pour permettre aux Parlements nationaux d'examiner un texte européen.

- suppression de la clause affirmant la primauté du droit européen sur le droit national.

- amendement de la charte des droits fondamentaux. Elle entrera a priori en vigueur par le biais d'une référence croisée, juridiquement contraignante, inscrite dans le traité.


CE QUI NE CHANGE PAS

- abandon de la présidence tournante pour l'élection d'un président du Conseil européen par ses pairs, pour deux ans et demi.

- fusion des postes de" haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère" et de "Commissaire aux affaires extérieures" pour donner plus de poids à la diplomatie européenne avec seul interlocuteur, qui ne portera pas cependant le titre de "ministre des Affaires étrangères" comme dans le TCE.

- une Commission européenne réduite avec moins de commissaires que de pays à partir de 2014.

- redistribution du nombre de voix au Conseil européen, entre 2014 et 2017 (le chiffre exact par pays est encore en cours de négociation et sera l'un des poids chauds à Lisbonne).

- pouvoirs renforcés pour la Commission.

- limitation du droit de veto avec l'extension des votes à la majorité qualifiée (dont le seuil est à discuter à Lisbonne). L'unanimité demeure la règle uniquement pour la politique étrangère, la fiscalité, la politique sociale ou la révision des traités.

- un million de citoyens européens peuvent "inviter" la Commission à "soumettre" une proposition législative dans un domaine donné.

- référence aux héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe.

RENDEZ-VOUS LCI.FR
Les coulisses de l'UE avec le blog du correspondant de LCI à Bruxelles  cliquez ici


 

le 18 octobre 2007 à 06:45
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14 Commentaires

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  • Regis, le 18/10/2007 à 14h18

    J'appele ca un deni de la democratie, quand un dirigeant soutient un loi qui va a l'encontre du vote de son peuple, c'est de la haute trahison !

  • Michel, le 18/10/2007 à 14h07

    IL FAUT ALLER REFAIRE UN 1789 A BRUXELLES FACE AUX DICTATEURS.

  • Michel, le 18/10/2007 à 12h27

    Si Jean Monnet n'avait pas été le père de l'Europe, nous serions depuis longtemps en cessation d'activités. A ce niveau de caprices d'enfants gâtés, imposez le traité! Mais ne posez plus de question !

  • Vote, le 18/10/2007 à 12h20

    Vous aviez voté NON ?? pas grave Mr sarkocu va signé OUI à votre place. "Votre" président ne respecte pas la voix du peuple. Bienvenu dans la Sarkocratie.

  • JGH, le 18/10/2007 à 11h21

    L'agitation autours de ce traité semble disproportionée. L'orsque l'on suit l'historique récent des divers traités européens ( Maastricht, Amsterdam, Nice) ont peut prédire que ce nouveau traité devrait avoir une durée de vie relativement courte et pourrait être déjà remplacé dans 5 à 10 ans au plus ...La seul question intéressante serait de connaître le nom de ce futur traité ( Traité de Rotterdamm, d'Eindhoven, d'Utrecht?)

  • Monique, le 18/10/2007 à 11h13

    Il fallait y penser avant ne pas dire oui à Maastricht et tout le reste... On ne réfléchit jamais aux conséquences à long terme et maintenant voilà ce qui nous arrive, on ne peut plus décider de grand chose, on est obligé de se plier comme des clones devant l'Europe, on a perdu notre identité et ce qui faisait notre particularité française et notre valeur, et en plus on est ruiné car depuis que 1 FRANC est devenu 1 EURO ça a été le coup de grâce. Alors comment faire pour essayer de sortir un peu de tout ça ? Il me semble que le traité simplifié et édulcoré lancé par A MERKEL et N SARKOZY est une solution alternative, un compromis intéressant pour refaire surface et retrouver un semblant de repères. Il faut essayer de sortir de ce blocage.

  • Carisa, le 18/10/2007 à 10h54

    Au depart l'europe a ete mal conçue.si cela etait à refaire bon nombre de français n'auraient pas approuve mastrich;cela a ete fait dans la precipitation ;et nous nous sommes fait rouler dans la farine

  • BIBI, le 18/10/2007 à 10h34

    Quoi, par la voie parlementaire et tout le monde semble trouver ça normal. Donc on va nous imposer un texte sans nous l'expliquer !! car c'est le but recherché en fin de compte. Par referendum, il aurait fallu nous expliquer les inepties, et les Français (qui ne sont que des cons... notez bon nombre a voté Sarkozy !!! c pour dire) n'auraient pas compris les subtilités de la chose. Cela s'appelle de la dictature et non une démocratie.

  • Serge, le 18/10/2007 à 10h20

    C'est ça la democratie ?? de ne pas respecter le vote des francais par referendum ????

  • Armand, le 18/10/2007 à 09h53

    "concurrence libre et non faussée" Quel objectif déplorable ! Et pourquoi pas l'objectif de vivre dignement, sainement, d'avoir de quoi se nourrir, se loger, se déplacer ? C'est trop demandé ? l'europe ne promet rien de bon... et vu le résultat depuis les années 80, on va souffrir, c'est sur (avec la "concurrence" comme but, ça peut pas être autrement). Nous sommes des êtrs humains, pas des machines à produire, serait temps d'avoir des objectifs un peu plus louable que la concurrence !

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