Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse le 10 octobre 2007 © TF1/LCINicolas Sarkozy a-t-il vu trop de rouge à Moscou ? "Cela fait très longtemps que j'avais envie de venir ici. Se réveiller sur la Place Rouge, ce n'est pas rien pour moi", a-t-il dit mercredi matin, au 2e jour de sa visite en Russie. Cette déclaration n'est pas restée anodine pour la presse russe qui en fait ses choux gras jeudi. "On a commencé à se demander où le président Sarkozy avait bien pu se réveiller pour voir alors la Place Rouge", se moque le journal d'opposition Kommersant, rappelant que l'hôtel National, où logeait le chef de l'Etat, est certes proche de la Place Rouge mais que celle-ci n'est pas visible de ses fenêtres. "On peut voir la Place Rouge depuis la fenêtre du Mausolée (ndlr : de Lénine, au milieu de la place). Mais le Mausolée n'a pas de fenêtre", ajoute-t-il. "Sarkozy s'est réveillé et a vu la Place Rouge", ironise pour sa part le journal Gazeta.
Inhabituellement féroce, la presse russe s'attache essentiellement à des détails comme les mimiques du président français, le fait qu'il ait tutoyé Vladimir Poutine ou qu'il porte des chaussures à talonnettes. Le journal Izvestia, ouvertement pro-pouvoir, se moque pour sa part des "avances" du président Sarkozy à son homologue russe, et relève la froideur de ce dernier.
"Pragmatisme"
Les journaux russes notent cependant aussi le pragmatisme de Nicolas Sarkozy, soucieux de montrer que "l'amitié" franco-russe ne s'est pas arrêtée avec le départ de Jacques Chirac. "Le Kremlin et la vision de la Place Rouge lui ayant donné des ailes, Sarkozy a parlé lors de la conférence de presse du souhait des investisseurs français d'entrer dans le capital de Gazprom", le géant gazier russe, poursuit Nezavissimaïa Gazeta, en titrant : "Rêves et fantaisies de Nicolas Sarkozy".
Les déclarations du président Sarkozy sur Gazprom "constituent la principale sensation de la visite", écrit le quotidien économique RBK Daily, avant d'ajouter que "l'entrée du capital français dans le secteur énergétique russe n'est pas pour demain". "Les négociations à Moscou entre les présidents russe et français ont montré que les relations entre ces pays vont se construire sur des bases pragmatiques", écrit le journal des affaires Vedomosti. "Il n'y a eu aucun résultat", note-il cependant, évoquant l'absence d'annonces concrètes, sur l'Iran, le Kosovo ou la coopération économique.
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