Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine dans le 4x4 du président russe, le 9 octobre 2007, à Moscou © TF1/LCINicolas Sarkozy à peine arrivé mardi soir à sa datcha, située dans la banlieue de Moscou, Vladimir Poutine a joué la complicité avec son homologue. Pour marquer le climat de détente qu'il voulait instaurer entre les deux hommes malgré les déclarations critiques du locataire de l'Elysée sur sa politique, le président russe l'a emmené faire le tour de sa résidence en 4x4. "On peut faire du sport ensemble", a lancé le chef du Kremlin. "Tu cours ?", lui a alors demandé Nicolas Sarkozy. "Non, moi je nage", a répondu Vladimir Poutine. "Et tu nages tous les jours ?", a poursuivi son invité. "J'ai une piscine ici, je vais te faire tout visiter". Vladimir Poutine a alors invité son hôte à monter à bord de sa voiture, un 4x4 Mercedes, et a démarré sur les chapeaux de roue, tous feux éteints, avant de rouler dans les allées de la résidence.
Après cette mise en route cordiale, les deux hommes ont abordé les sujets sérieux lors de leur dîner de travail. Pendant trois heures, ils ont balayé les principaux sujets qui les ont publiquement opposés ces derniers mois, comme le nucléaire iranien, le Kosovo ou les droits de l'Homme en Russie. "On a eu une très longue discussion détendue, approfondie, franche, passionnante", a déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue de l'entretien. "Nos positions se sont très fortement rapprochées (...) j'ai vraiment senti une convergence", notamment sur le Kosovo, a-t-il poursuivi, se refusant de donner plus de détails sur le fond de ces conversations.
De son côté, Vladimir Poutine n'a fait aucun commentaire à la sortie du dîner. A l'arrivée de Nicolas Sarkozy, il avait néanmoins fait remarquer que la "France a été, reste et j'espère, restera un partenaire privilégié de la Russie dans l'Europe et dans le monde". Une manière de suggérer que Moscou n'avait pas encore calé sa relation avec le nouveau président français, plus critique à son égard que son prédécesseur Jacques Chirac.
Critiques devant les étudiants
Mercredi matin, le président de la République a tout d'abord rencontré la communauté française de Moscou puis s'est rendu à l'Université Bauman, qui regroupe les meilleurs étudiants russes en sciences. Lors de son discours, il s'est montré beaucoup plus direct et critique que mardi soir. Il a ainsi vanté "les mérites de la démocratie" et, évoquant l'indépendance de la justice, leur a souhaité de "connaître cela un jour". Le ton utilisé, didactif et non incantatoire, a permis de faire passer le message sans avoir l'air de donner des leçons.
Nicolas Sarkozy retrouvera son homologue pour un nouvel entretien suivi d'une conférence de presse conjointe, en direct sur LCI.fr à 11h. Les deux hommes déjeuneront au Kremlin avant d'inaugurer une statue à la mémoire de l'escadrille Normandie-Niemen en présence de vétérans français et russes (ndlr : escadrille de la France libre envoyée sur le front soviéto-allemand pendant la Seconde guerre mondiale). Le locataire de l'Elysée pourrait enfin rencontrer des militants des droits de l'homme avant de regagner Paris en fin d'après-midi.
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