Le secret de l'Intermezzo sera-t-il percé au procès ?

Par F.A., le 24 octobre 2007 à 06h45 , mis à jour le 24 octobre 2007 à 21h46

Corinne Caspar et Thierry Beille ont comparu mercredi pour le meurtre d'André Le Floc'h, retrouvé ligoté dans son trimaran naufragé. Le procès a ensuite été suspendu jusqu'au 22 novembre.

TF1/LCI Le renflouement de l'Intermezzo dans le port de Portimao, le 23 août 2006Le renflouement de l'Intermezzo dans le port de Portimao, le 23 août 2006 © TF1/LCI
  • LES FAITS

Tout commence le 16 août 2006, par le chavirage du trimaran Intermezzo aux larges des côtes portugaises lors d'une tempête. Deux des passagers, Thierry Beille et Carole Caspar, sont secourus par la marine portugaise en état d'hypothermie. Le troisième passager, André Le Floc'h, le propriétaire, est quant à lui retrouvé mort dans la cale après le renflouage de l'épave. Il a les mains ligotées, est lesté d'une ceinture de plomb et présentent des lésions à la tête et au cou provoquées, selon l'autopsie, par une agression. 

  • UN COUPLE ET UN MARIN

Thierry Beille, 51 ans, et Corinne Caspar, 48 ans, à l'époque des faits, sont rapidement soupçonnés d'avoir tué André Le Floc'h, un aventurier retraité âgé de 67 ans qui avait racheté le voilier à un concurrent de la Route du Rhum. Les enquêteurs pensent que Corinne Caspar a tout d'abord servi d""appât" pour séduire le propriétaire et lui suggérer une croisière en mer. Elle lui aurait ensuite présenté Thierry Beille afin qu'il soit également invité sur le bateau. Leur objectif : tuer André Le Floch' en haute mer, se débarasser du cadavre et lui voler son argent. Ils auraient alors été surpris par la tempête. Les soupçons sont aggravés par le fait qu'ils n'ont pas signalé la présence d'André Le Floc'h lors de leur sauvetage.
 
Le couple clame pour sa part son innocence, expliquant qu'André Le Floc'h a tenté de violer Corinne et qu'ils ont dû l'attacher à la suite d'une bagarre.  "Il m'a menacé d'un couteau. Il l'a lâché quand Corinne lui a donné un coup", déclare Thierry Beille après sa mise en examen. Interrogé sur les causes de la mort du skipper, il estime qu'il a pu "s'être cogné la tête". "La dernière fois que je l'ai vu (...) il était parfaitement vivant", conclut-il.

  • UNE ETRANGE RELATION

Après leur arrestation et face à leurs affirmations contradictoires, les enquêteurs s'interrogent sur la nature exacte des rapports entre Thierry Beille et Corinne Caspar.  Sont-ils amants ? Amis ? Frère et soeur ? La dernière hypothèse s'avérera être la bonne. La mère de Thierry Beille dément tout d'abord tout lien avec ce dernier avant d'expliquer d'avoir accouché sous X en 1955, son année de naissance. Elle déclare ensuite que Thierry Beille s'est présenté chez elle en 1997 en affirmant être son fils mais qu'elle ne sait pas qui il est réellement. Seule certitude : il exercait une emprise psychologique sur Corinne Caspar, au point que celle-ci quittera tout pour le suivre. Finalement, les tests ADN prouveront qu'ils sont bien demi-frère et demi-soeur.

  • LE PROCES

Il s'est ouvert ce mercredi 24 octobre devant le tribunal de Lagos et, à l'issue d'une audience de trois heures, a été suspendu jusqu'au 22 novembre. Corinne Caspar et Thierry Beille sont arrivés dans des fourgons séparés et n'ont fait aucune déclaration. Lors de cette première comparution, les accusés, qui se disent innocents, ont refusé de s'exprimer sur le fond, réclamant la présence de leur avocat français, le très médiatique Gilbert Collard, empêché selon eux d'être présent en raison de grèves.
 
Pour la présidente du tribunal Alda Casimiro, la présence de Me Collard n'était "pas nécessaire", les deux accusés étant "déjà représentés" par un avocat portugais, Antonio Vilar. Elle a d'ailleurs rappelé qu'"étant Français", et donc non inscrit au barreau portugais, Me Collard ne pourrait "pas s'adresser à la Cour". Prenant à partie le public, parmi lequel de nombreux journalistes, Thierry Beille s'est exclamé: "On n'a pas le droit de se défendre!"

Dans une lettre adressée à RTL et lue en partie à l'antenne mercredi matin, Corinne Caspar continue de clamer son innocence et dénonce "une sordide mise en scène des policiers".

Par F.A. le 24 octobre 2007 à 06:45
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2 Commentaires

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  • MICHEL, le 24/10/2007 à 13h38

    Un mort ligoté, attaché à une fonte, portant des traces de coups et ce "Foutu" bateau qui n'a pas voulu coulé, et oui c'est comme celà un Multicoques, surement un suicide comme on Dit dans Le VAR

  • Jean Christophe, le 24/10/2007 à 10h49

    Dans cette affaire, il va falloir nous expliquer que sont devenus les 2 autres personnes qui étaient à bord de l'intermezzo ce jour là .....

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