L'UDC fête la victoire de la droite populiste en Suisse, le 21 octobre 2007 © LCI| Bataille d'images sur le thème de l'immigration |
| Interview : Pourquoi la droite xénophobe progresse |
On l'annonçait grand gagnant. Le parti populiste de droite, l'Union démocratique du centre (UDC), enregistre une nette progression aux élections législatives suisses de dimanche, confortant son statut de première formation politique du pays, selon une projection de la télévision nationale. L'UDC, qui avait axé sa campagne sur la dénonciation des criminels étrangers, a gagné six sièges au Conseil national, la chambre basse du parlement, obtenant 62 sièges contre 55 dans l'assemblée sortante. Selon une estimation de la télévision nationale, l'UDC remporte 28,8% des voix, soit deux points de plus que lors du dernier scrutin de 2003. "C'est le meilleur score d'un parti depuis 1919", s'est félicité le vice-président de l'UDC, Yvan Perrin.
Le Parti socialiste recule lui de neuf sièges avec 43 députés élus et 19,1% des voix. Selon l'estimation nationale diffusée par la télévision, les partis de centre droit maintiennent à peu près leurs positions, les démocrates-chrétiens gagnant trois sièges avec 31 élus (14,6% des voix), tandis que les radicaux en perdent six avec 30 mandats (15,9% des voix). Les deux partis écologistes font eux une percée, obtenant un total de 11,3% des voix, soit 21 députés, un gain de huit sièges.
Un parti xénophobe et anti-européen
L'UDC, fidèle à son credo xénophobe et anti-européen, avait mené une campagne sur le thème des criminels d'origine étrangère avec une affiche qui s'est retrouvée propulsée au coeur du débat: elle montre un mouton noir expulsé du territoire national par un mouton blanc. Malgré les accusations de racisme lancées à l'encontre de l'UDC, le scandale créé par l'affiche n'a pas désarçonné le parti du milliardaire zurichois Christoph Blocher, par ailleurs ministre de la Justice et de la Police. La progression de l'UDC et le fort recul du PS, qui souhaitait exclure Christoph Blocher du gouvernement, renforcent au contraire sa position au sein de l'exécutif helvétique, qui rassemble les quatre premiers partis du pays, droite et gauche confondues.
L'agressivité inhabituelle qui a marqué la campagne avait fait redouter à certains la disparition de ce système consensuel unique au monde au profit d'un système classique d'opposition droite-gauche. Dès l'annonce des résultats nationaux, le président de l'UDC, Üli Maurer, a assuré que son parti ne souhaitait pas exclure le PS du gouvernement mais appelé trois des sept ministres sortants à remettre leur siège en jeu lors de la désignation du gouvernement le 12 décembre prochain.
D'après agence
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