L'affaire fait scandale au Royaume-Uni et Gordon Brown lui-même a dû présenter ses excuses. Interpellé à la Chambre des Communes, dans le cadre d'une séance hebdomadaire des questions au Premier ministre plutôt agitée, il a annoncé l'ouverture d'une enquête. En cause : la perte par les services fiscaux des données confidentielles de 25 millions de Britanniques.
Elle avait été révélée la veille par le ministre des Finances, Alistair Darling. Le grand argentier britannique avait dû avouer au Parlement que le fisc avait laissé s'échapper dans la nature l'ensemble des dossiers d'allocations familiales du pays, incluant les noms, adresses et coordonnées bancaires des bénéficiaires. Ces informations étaient contenues sur deux cédéroms, qui ont été envoyés en octobre par les services fiscaux à un organisme officiel de contrôle des dépenses publiques, le National Audit Office, à sa demande. Mais, probablement pour des raisons de maîtrise des coûts, cet envoi n'avait pas été entouré d'une sécurité particulière. Le transport avait été confié à la société privée TNT... et les cédéroms n'avaient jamais atteint leur destinataire.
L'opposition s'engouffre dans la brêche
Un haut fonctionnaire et à des experts ont donc été mandatés pour passer en revue les procédures de sécurité au sein des services du gouvernement concernant la gestion des données confidentielles. Une vérification des comptes bancaires concernés est par ailleurs en cours. Mais le mal est déjà fait et les données perdues... Gordon Brown a tenté d'expliquer mercredi que la perte des deux cédéroms était due au non-respect des procédures obligatoires. Pour l'instant, "rien n'indique une activité frauduleuse" consécutive à cette disparition, a-t-il souligné. Il est vrai qu'il est peut-être un peu tôt pour s'en rendre compte... Et tout en se confondant en excuses, le Premier ministre britannique a assuré : "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que les données (confidentielles détenues par le gouvernement) soient en sécurité".
Mais l'opposition s'est déjà engouffrée dans la brêche et le conservateur David Cameron a souligné que cette "bourde consternante" était la dernière d'une série d'erreurs similaires révélant des "défaillances endémiques" au sein des services fiscaux britanniques.
D'après agence






