Etat d'urgence à Tbilissi

le 07 novembre 2007 à 12h58 , mis à jour le 07 novembre 2007 à 22h24

Le président Saakachvili, accusant Moscou d'être derrière les manifestations qui réclament sa démission, a aussi expulsé du personnel de l'ambassade russe.

[Expiré] [Expiré] Mikhaïl Saakachvili © AFP/Olivier Morin

C'est la plus importante contestation populaire en Géorgie depuis la Révolution de la rose, en novembre 2003, qui s'était traduite par le départ du président Cheverdnadzé et par l'arrivée au pouvoir de Mikheïl Saakachvili, alors opposant pro-occidental. Mais quatre ans après, les rôles sont changés et c'est ce même Saakachvili qui se trouve en butte aux manifestations. Elles ont commencé après l'arrestation, le 27 septembre dernier, de l'ex-ministre de la Défense Irakli Okrouachvili pour corruption, blanchiment et abus de pouvoir.

Or, ce même ministre de la Défense accusait le président et ex-opposant d'avoir ordonné le meurtre de personnalités... Il a été libéré début octobre après avoir versé une caution de quatre millions d'euros et affirme depuis avoir été contraint de retirer de graves accusations contre le président géorgien et de s'exiler en Allemagne. Okrouachvili a quitté la Géorgie le 1er novembre, à la veille d'une première grande manifestation contre le président, et ses avocats ont affirmé qu'il avait été mis de force dans l'avion.

Les services spéciaux russes pointés du doigt

Depuis plusieurs jours, les manifestations se succèdent à Tbilissi. La plus importante mobilisation a été observée vendredi, avec 50.000 manifestants. Saakachvili, qui tente de reprendre la main, a décrété l'état d'urgence dans la ville pour une durée de quinze jours. Toute la journée de mercredi, des accrochages se sont produits à divers endroits de la capitale après la dispersion de la manifestation sur l'artère principale de la ville, l'avenue Roustaveli. Le ministère de la Santé a indiqué que 360 personnes avaient demandé une aide médicale et que 109 avaient été hospitalisées. Par ailleurs, la chaîne géorgienne Imedi Television, proche de l'opposition, a cessé d'émettre mercredi soir juste après qu'un présentateur eut annoncé que des forces spéciales étaient entrées dans le bâtiment.

Mais Saakachvili tente aussi de trouver un coupable en accusant la Russie de fomenter les troubles via ses services secrets. "La Géorgie fait face à des troubles et des hauts responsables des services spéciaux russes sont impliqués. Certains d'entre eux sont en Géorgie, d'autres à Moscou", a-t-il affirmé mercredi à la télévision géorgienne. "Certains collaborateurs (de l'ambassade) se sont livrés à des activités subversives, d'espionnage. Ils vont être déclarés persona non grata et quitter la Géorgie dans les jours qui viennent". Ces expulsions risquent de nouveau d'exacerber les relations russo-géorgiennes, déjà très tendues sur fond de séparatisme dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, soutenues par Moscou. La Russie s'est d'ailleurs aussitôt émue de cette "provocation irresponsable".

D'après agence

le 07 novembre 2007 à 12:58
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