© AFP/Keld NavntoftUne victoire certes, mais une victoire courte. Ainsi pourrait être résumée la situation dans laquelle se trouvait mardi soir le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, d'après les résultats partiels des élections législatives anticipées de mardi. Sur la base de 70,8% des bulletins dépouillés, la coalition libérale-conservatrice au pouvoir depuis 2001, avec l'appui au parlement de l'extrême-droite, totaliserait 89 sièges, soit un mandat de moins que ce que la majorité absolue impose. Lors des précédentes législatives, en 2005, ces trois partis avaient remporté 94 mandats. De son côté, le bloc de quatre partis d'opposition remporterait 81 mandats selon les mêmes résultats partiels. Mardi soir, la présidente du parti social-démocrate, Helle Thorning-Schmidt, leader de l'opposition danoise, a reconnu sa défaite.
Des sondages réalisés à la sortie des bureaux et dans la journée donnaient également le bloc de centre-droit en tête face au bloc de centre-gauche, mais sans une majorité absolue. Cela pourrait donc signifier pour Anders Fogh Rasmussen que, pour gouverner, il devrait s'appuyer sur une majorité hétéroclite comprenant un nouveau parti de centre-droit, Nouvelle Alliance. Cette formation, dirigée par un ancien député du parti radical, le syro-palestinien Naser Khader, décrocherait 4 sièges selon les résultats partiels et pourrait être indispensable pour assurer au gouvernement sortant une majorité absolue.
Des négociations délicates
Les négociations pour former un nouveau gouvernement pourraient donc s'annoncer délicates. Le vice-président du parti d'extrême-droite, Kristian Thulesen Dahl, a d'ores et déjà mis en garde contre le concours de Nouvelle Alliance qui apportera de "l'instabilité" à la coalition. "Nous prenons acte du verdict des électeurs. Mais ce ne sera pas facile, et nous ne renoncerons pas à nos priorités", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision publique Danmarks Radio. De son côté, l'un des fondateurs de Nouvelle Alliance, Leif Mikkelsen, a demandé dans la soirée des négociations préalables pour former le prochain gouvernement.
La campagne a été dominée par la politique relative aux réfugiés, dont le nombre d'arrivants a baissé de 80% depuis l'arrivée du bloc de centre-droit en 2001, ainsi que par les questions de protection de l'Etat-providence (hôpitaux, écoles, soins aux personnes âgées), défendues à cor et à cri par les sociaux-démocrates, leaders de l'opposition. Le parti d'extrême droite, le PPD, a lui bâti sa popularité sur sa croisade anti-immigrés, notamment de confession musulmane, et est à l'origine de l'une des politiques d'immigration les plus restrictives d'Europe. Selon les résultats partiels, le PPD maintient sa position de troisième formation du parlement.
(D'après agence)
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