© sxc.huAprès l'émotion, la peur et la polémique. L'Italie a adopté mercredi en urgence un décret-loi permettant l'éloignement pour trois ans d'étrangers membres de l'UE qui "contreviennent à la dignité humaine, aux droits fondamentaux de la personne et à la sécurité publique". Une mesure aux contours flous provoquant un tollé dans l'opposition et semant la crainte au sein de la communauté roumaine du pays.
Celle-ci représente en effet la première communauté étrangère en Italie (560.000 personnes recensées, selon les statistiques de l'immigration, dont 100.000 arrivées depuis le 1er janvier). Et surtout, le décret a été pris quelques heures seulement après la mort d'une femme de 47 ans suite à son agression mardi à Rome par un jeune Roumain d'origine tzigane.
Déjà plus de 30 expulsions depuis vendredi
Le décret d'éloignement pour des raisons de "sécurité publique", entré en vigueur vendredi, a aussitôt été utilisé pour 4 Roumains par la préfecture de Milan. Samedi, les procédures se multipliaient : une trentaine au total, à chaque fois à l'encontre de Roumains, selon l'agence Ansa.
Parlant de "péril roumain", le maire de Rome et nouveau leader du centre-gauche, Walter Veltroni affirme que la capitale italienne "était la capitale la plus sûre d'Europe avant l'entrée de la Roumanie dans l'UE". Chiffres de la police à l'appui : "sur 10.500 arrestations effectuées dans la région depuis le début de l'année, 7.300 concernaient des étrangers, dont 6.000 Roumains", affirme Le Monde, qui cite la presse italienne : "5.000 d'entre eux répondraient aux critères d'expulsion du nouveau décret".
Crainte d'une vendetta
Des déclarations qui ont aussitôt créé une vive polémique politique, la gauche accusant la droite d'"instrumentaliser une tragédie" tandis que Silvio Berlusconi reproche au gouvernement de Romano Prodi de ne pas assurer la sécurité des Italiens.
Autre signe de la tension qui règne en Italie depuis mardi : des responsables politiques ont exprimé la crainte d'une "vendetta" anti-Roumains. Vendredi en effet, des Roumains ont été passés à tabac à Rome par des Italiens lors d'une même agression. Un acte qualifié d'"expédition punitive" par la presse. "Malheureusement, c'est ce que nous redoutions", a confié au quotidien La Repubblica le ministre de l'Intérieur, Giuliano Amato. Le maire de Rome a lancé un appel après le raid pour que "le ton et les comportements s'inspirent des valeurs de la société civile et non de la vendetta".
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