Députés flamands votant la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles Hal Vilvorde (7 novembre 2007) © TF1/LCIDes députés flamands ont voté mercredi en commission un projet de loi supprimant certains droits des francophones en périphérie flamande de Bruxelles, menaçant d'aggraver la crise politique que traverse le pays cinq mois après les élections. Les Flamands avaient amplement prévenu de leur intention de procéder à ce vote, tout comme les francophones avaient prévenu qu'ils le considèreraient comme un acte "très grave", voire une "déclaration de guerre" qui pourraient torpiller cinq mois d'efforts pour tenter de former un gouvernement fédéral. Il est finalement intervenu mercredi peu après 14h30, alors que les députés francophones venaient de quitter les lieux en signe de protestation.
Le texte adopté par la commission de l'Intérieur du Parlement belge, où les Flamands sont majoritaires puisqu'ils représentent 60% de la population belge, prévoit la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles Hal Vilvorde. Cet arrondissement réunit Bruxelles, ville majoritairement francophone, et 35 communes flamandes de sa périphérie. S'il est effectivement scindé, ce que les francophones ont toujours refusé, les 120.000 francophones vivant en périphérie flamande perdraient la possibilité de voter pour des candidats francophones aux élections législatives.
"Les Flamands rompent l'équilibre de manière brutale"
"On ne peut évidemment pas accepter qu'une communauté belge agresse de manière aussi brutale une autre communauté. Aujourd'hui, les Flamands rompent cet équilibre de manière brutale. Nous sommes dans quelques chose qui s'apparente à une crise de régime", a déclaré Yvan Mayeur, député francophone socialiste, membre de cette commission.
Plusieurs responsables politiques, francophones et flamands, ont cependant semblé dédramatiser les conséquences de ce vote, qui relance les spéculations sur les risques d'une scission de la Belgique. Le leader libéral francophone, Didier Reynders, s'il a convoqué en fin d'après-midi une réunion de tous les partis francophones, a semblé souhaiter la poursuite des négociations pour tenter de former un gouvernement de coalition réunissant flamands et francophones. Mais il a évoqué des changements possibles "autour de la table", où se retrouvaient jusqu'ici chrétiens-démocrates et libéraux (d'où une coalition dite "orange-bleue") des deux communautés linguistiques sous la houlette du leader chrétien-démocrate flamand Yves Leterme.
"Je souhaite en tout cas qu'il y ait un gouvernement", a-t-il déclaré après le vote au micro de la RTBF. "Maintenant avec qui autour de la table (...), c'est au roi (Albert II) de voir". Le roi des Belges dispose d'importantes prérogatives dans des moments de crise pareils. C'est lui qui avait chargé Yves Leterme de tenter de former un gouvernement, c'est lui qui pourrait maintenant désigner un autre "formateur" qui, s'il réussit, serait appelé à devenir Premier ministre.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





