© AFP/D. DilkoffEn 1998 et 1999, il était le leader de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), la guérilla séparatiste opposée à la Serbie. Hashim Thaci est aujourd'hui, à 39 ans, en bonne voie de devenir Premier ministre de la province serbe à majorité albanaise. Avec 31% d'intentions de vote dans les sondages, sa formation, le Parti démocratique du Kosovo (PDK), était en effet donnée en tête des élections législatives et municipales organisées ce samedi. Le PDK devançait de peu la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) -29%-, fondée par le charismatique président kosovar Ibrahim Rugova, décédé en 2006.
Après les élections, dont les résultats ne seront pas connus d'ici lundi ou mardi, le nouveau parlement kosovar se réunira pour élire le Premier ministre. Même si son parti ne parvient pas à la majorité absolue, Hashim Thaci devrait l'emporter sans souci étant donné que ses adversaires n'ont aucune personnalité de poids à lui opposer.
Indépendance immédiate après la fin des discussions ?
Hashim Thaci devrait ensuite entrer dans l'Histoire comme le premier chef de gouvernement d'un Kosovo indépendant. Serbes et Kosovars albanais sont en effet engagés, en principe jusqu'au 10 décembre, dans des négociations pratiquement sans espoir sur le statut de la province aujourd'hui administrée par l'ONU. Les Kosovars exigent l'indépendance, ce que refuse sans surprise Belgrade. "Immédiatement après le 10 décembre nous prendrons des décisions pour le Kosovo en tant que pays indépendant et souverain", affirme Hashim Thaci. "Nous prendrons les décisions en coordination avec nos partenaires internationaux car nous sommes assurés du soutien de Washington et Bruxelles", indique-t-il, en ajoutant que 22 pays de l'Union européenne étaient déjà d'accord pour reconnaître l'indépendance du Kosovo.
"Mon gouvernement sera celui de la stabilité et de la multiethnicité", assure également Hashim Thaci même si le mot "multiethnicité" sonne creux pour la plupart des quelque 100.000 Serbes encore majoritaires dans le nord du Kosovo. Sur instruction de Belgrade, ils devaient boycotter massivement le scrutin. Une proclamation unilatérale d'indépendance risque d'ailleurs de les conduire à la sécession. Mais Hashim Thaci rejette catégoriquement cette éventualité. "Mon gouvernement exercera son autorité sur tout le Kosovo", martèle l'ancien chef de l'UCK, considéré par Belgrade comme un criminel de guerre.
D'après agence
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