Violence à Villiers-le-Bel après la mort de deux jeunes © TF1/LCIAprès les violences récentes dans le Val-d'Oise, la presse étrangère décrit mercredi une situation plus dure qu'en 2005, même s'il n'y a "pas encore d'embrasement généralisé". "Les affrontements dans la banlieue parisienne ne sont jusqu'à présent pas encore un embrasement généralisé. Mais la lutte sera plus dure qu'il y a deux ans", affirme le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Outre-Rhin toujours, Die tageszeitung souligne que "contrairement à précédemment (...), la violence aujourd'hui vise d'emblée les personnes".
"La nuit de lundi à mardi a été d'une violence extrême, bien supérieure" à celle de 2005, estime El Pais, premier quotidien espagnol, proche de la gauche. Et le journal de droite La Razon, également espagnol, de noter que "la guérilla urbaine se mène désormais avec des armes à la périphérie de Paris". Pour La Stampa, quotidien italien de Turin, "cette guérilla urbaine est pire qu'en 2005 car les jeunes tirent" et "les policiers ont peur". "Les groupes de combat des jeunes immigrés dans la banlieue parisienne se sont avérés être beaucoup plus forts et plus mobiles que les forces spéciales françaises", relève le journal officiel russe Rossiïskaïa Gazeta.
"Le feu couvait sous la cendre"
Face à cette nouvelle flambée, les journaux étrangers s'interrogent avec plus ou moins de férocité sur les leçons qui ont été tirées, ou pas, des violences de 2005. "Le feu couvait sous la cendre et, tôt ou tard, allait repartir", écrit Il Messagero, quotidien romain, car, "entre les jeunes méprisés et sans-emploi de la minorité musulmane et la police française, les comptes n'ont jamais vraiment été réglés". "La vraie revendication est sur le pouvoir d'achat", analyse La Stampa italienne. "En deux ans, rien n'a changé dans les banlieues-ghettos françaises", écrit la Repubblica (italien, centre-gauche). Selon le Corriere della Sera, principal quotidien italien, au contraire les choses ont changé, mais "dans le même temps (il y a eu) un perfectionnement de l'appareil répressif", qui "a soulevé le couvercle sur la réalité".
Pour The Independent, quotidien anglais de gauche, le président Nicolas Sarkozy a une "chance de montrer qu'il a appris" la leçon de son attitude "dédaigneuse" et "maladroite" de 2005 et surtout, il "doit démontrer que son gouvernement, à la diversité tant revendiquée, n'est pas seulement là pour épater la galerie". Mais, affirme The Times (centre-droit), si en 2005 l'Etat français pouvait être "accusé d'avoir tourné le dos" aux problèmes, "ce n'est plus vrai".
"Epreuve sérieuse pour Nicolas Sarkozy"
L'opposition en France dit que "rien n'a été fait" en deux ans, "c'est un constat qui doit être nuancé", estime La Libre Belgique. Mais, observe-t-elle, "tous ces efforts disséminés" ont "rarement eu des effets très visibles". Le quotidien bruxellois Le Soir rappelle que "le candidat Sarkozy avait promis un ‘plan Marshall' pour les cités", mais "compte tenu des faibles marges budgétaires", il "risque de ne pas être à la hauteur de l'ambition affichée avant l'élection".
Pour le russe Vremia novosteï, "ces émeutes seront une épreuve sérieuse pour Nicolas Sarkozy", qui a déclaré pendant sa campagne "qu'il était résolu à ne pas permettre aux émeutes de 2005 de se répéter". Et le journal de conclure : "Il semble que les émeutes deviennent déjà une mauvaise tradition avant le Noël en France".
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