
"Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas." Ainsi aurait pu commencer Nicolas Sarkozy lors de ses voeux au corps diplomatique vendredi, celui-ci ayant estimé que les "conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés" étaient avec le changement climatique le principal défi du XXIe siècle. "Ma conviction est que deux défis contribueront à structurer la société internationale du XXIe siècle, peut-être plus profondément que les idéologies au XXe siècle", a-t-il déclaré, ajoutant que le retour du religieux était "une réalité incontournable, prévue naguère par Malraux".
Durement critiqué par ses adversaires politiques pour ses récentes déclarations sur la religion et la laïcité qu'il souhaite "positive", Nicolas Sarkozy a assuré être "favorable à l'épanouissement des religions comme au droit de ne pas en avoir, ou d'en changer". "Comment ceux qui réclament l'ouverture de mosquées en France pourraient-ils refuser l'ouverture d'églises" ailleurs, s'est-il également demandé.
Autre thème développé par le chef de l'Etat : l'Europe de la Défense et sa relation avec l'Otan. Dans ce domaine, Nicolas Sarkozy a promis des propositions françaises "pragmatiques et ambitieuses". "L'Europe de la Défense et l'ancrage atlantique sont les deux volets d'une même politique de défense et de sécurité", a-t-il réaffirmé, expliquant que "c'est dans ce contexte que la France entend rénover sa relation avec l'Otan". Ainsi, a-t-il poursuivi, Paris "fera des propositions à la fois pragmatiques et ambitieuses dans une double perspective : la présidence français de l'Union [au second semestre 2008] et le sommet du 60ème anniversaire de l'Alliance", début avril à Bucarest.
Economie : "2008 sera une année de grande incertitude" |
Nicolas Sarkozy s'est inquiété vendredi du "dangereux" déséquilibre entre les principales monnaies. "2008 sera une année de grande incertitude concernant l'évolution de l'économie mondiale, avec les effets cumulés de la crise des 'subprimes' et de l'augmentation des prix des matières premières, notamment énergétiques", a déclaré le chef de l'Etat. "Le moment est venu pour les principaux acteurs, anciens et nouveaux, d'une concertation étroite et peut-être discrète pour traiter sérieusement les deux grandes faiblesses du système international actuel", a-t-il réaffirmé. Le président français a notamment cité "la relation entre les principales monnaies dont le déséquilibre persistant est dangereux pour tous" et "l'absence de transparence et de règles suffisamment contraignantes pour les fonds et produits financiers qui peuvent être, en cas d'accident, une menace grave pour le monde entier". "Avec d'autres, la France sera en initiative sur ces sujets dès les prochaines semaines", a-t-il dit. |
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