© AFPMême si les pouvoirs du chef de l'Etat sont limités, la présidentielle qui a lieu ce dimanche en Serbie a valeur de symbole. Au coude à coude et en tête dans les sondages, deux candidats, l'actuel président Boris Tadic, un pro-européen soutenu discrètement par l'UE et l'ultranationaliste Tomislav Nikolic. Après avoir soutenu très ouvertement les "partis réformistes" lors des législatives serbes de janvier 2007, l'Union européenne est beaucoup plus réservée pour soutenir l'actuel chef de l'Etat, de peur que son appui ne profite au moins autant à son adversaire, tenté lui par un rapprochement avec la Russie. Un second tour, le 3 février, devrait être nécessaire pour les départager.
Boris Tadic, qui bénéficie également du soutien des Etats-Unis, apparaît comme le plus à même de résister à une probable poussée nationaliste en Serbie, lorsque les leaders albanais du Kosovo proclameront l'indépendance. Des velléités d'indépendance auxquelles sont farouchement opposées Belgrade et la Russie. Alors que les négociations entre Serbes et Kosovars ont amplement montré qu'aucun compromis n'était possible, le président russe a remis la pression depuis Sofia, où il effectue une visite de deux jours, en déclarant qu'une proclamation unilatérale d'indépendance des leaders kosovars serait "illégale et immorale". La Russie, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, y a fait échouer tous les projets de résolution sur le Kosovo, favorables à l'indépendance, que les pays occidentaux ont présentés.
Une éventuelle défaite de Boris Tadic est donc fortement redoutée par les Occidentaux, Européens en tête, car elle risque, de leur point de vue, d'entraîner une nouvelle période d'isolement vis à vis de l'UE accompagné d'un net rapprochement avec la Russie. Surtout que Boris Tadic souhaite que la Serbie se porte candidate à l'entrée dans l'UE et ce, très rapidement. L'UE, qui a pris en main le dossier du Kosovo, doit envoyer dans la province, après la présidentielle serbe, une mission de police et justice pour prendre la relève de celle de l'ONU, qui administre le Kosovo depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre forces serbes et guérilla indépendantiste albanaise.
D'après agence
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