Les dégâts à Belgrade après la manifestation contre l'indépendance du Kosovo © TF1/LCILes violences de jeudi soir à Belgrade auront-elles des conséquences directes sur l'accord d'association entre la Serbie et l'UE ? Vendredi, le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana a prévenu que les négociations sur cet accord ne reprendront pas dans le climat de violence créé par les manifestations serbes contre l'indépendance du Kosovo. "Un retour au calme est nécessaire avant de retrouver un climat propice à des contacts permettant de progresser sur l'accord de stabilisation et d'association" déjà négocié difficilement entre Belgrade et l'UE, a-t-il déclaré à la presse.
Javier Solana allait participer à la seconde journée de réunion des ministres de la Défense de l'UE réunis pour des discussions informelles à Brdo Pri Kanju, près de Ljubljana, en Slovénie. La conclusion d'un accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne est généralement considérée comme un premier pas vers une éventuelle future adhésion à l'UE.
"C'est une obligation pour ce pays -la Serbie- de protéger les ambassades", a-t-il ajouté, après la manifestation massive de jeudi dans la capitale serbe contre l'indépendance du Kosovo et l'incendie allumé par des émeutiers à l'ambassade des Etats-Unis, premier pays à avoir reconnu cette indépendance (lire notre article). "Ces actes (de violence) ne mèneront nulle part", a affirmé Javiuer Solana.
"Utiliser la force"
De son côté, la Russie s'est fait menaçante. Le représentant de la Russie à l'Otan Dmitri Rogozine a estimé vendredi que la Russie pourrait "utiliser la force" si l'Otan ou l'Union européenne "défient" l'ONU sur le Kosovo. "Si aujourd'hui l'Union européenne adopte une position unie ou l'Otan dépasse son mandat au Kosovo, ces organisations vont défier l'ONU et nous allons alors nous aussi partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte", a affirmé Dmitri Rogozine, lors d'une vidéoconférence depuis Bruxelles, cité par l'agence Interfax.
La Russie, par la voix du porte-parole de la diplomatie, Mikhaïl Kamynine, dit "regretter" les violences survenues jeudi à Belgrade, tout en renvoyant la responsabilité aux pays qui ont reconnu "unilatéralement" l'indépendance du Kosovo. "Ce qui s'est passé hier à Belgrade suscite uniquement le regret (...) Mais les forces qui ont soutenu la reconnaissance unilatérale du Kosovo devaient avoir conscience des conséquences d'une telle démarche", a-t-il affirmé.
Incidents à Mitrovica vendredi |
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(D'après agence)
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