L'UE face à la quadrature du cercle kosovare

le 18 février 2008 à 10h02 , mis à jour le 18 février 2008 à 15h47

La majorité des Etats membres s'apprêtent à reconnaître l'indépendance du Kosovo, à laquelle une demi-douzaine d'autres Etats s'opposent.

Célébration de l'indépendance du Kosovo dans les rues de Pristina (17 février 2008)Célébration de l'indépendance du Kosovo dans les rues de Pristina (17 février 2008) © TF1/LCI

L'Union européenne se présente face au Kosovo comme une poule qui a trouvé un couteau. Faut-il dire clairement que le Kosovo est indépendant ? Faire simplement allusion à "une réalité nouvelle"? Ce débat sémantique est au coeur de la réunion, lundi, des ministres européens des Affaires étrangères, alors que l'UE est nettement divisée sur la question. En milieu d'après-midi, ils planchaient toujours sur un texte qui satisfasse tous les pays. Les ministres réunis à Bruxelles travaillaient sur la base de deux propositions, l'une élaborée par la Slovénie, qui préside l'UE et est favorable à l'indépendance, l'autre par l'Espagne, l'un des six pays qui y sont opposés. "Les deux propositions ne sont pas très différentes", a déclaré un diplomate, mais les ministres "peaufinent encore la formulation du texte", surtout pour ses aspects "les plus sensibles".

"Les événements survenus aujourd'hui marquent la conclusion d'un processus qui a épuisé toutes les possibilités dans la recherche d'une issue négociée", ont d'ores et déjà déclaré en commun la Belgique, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, la Croatie et l'Allemagne. La majorité des membres de l'UE devraient donc reconnaître le Kosovo et l'épauler par l'envoi de l'Eulex, une force de police et de justice forte de 2000 hommes qui supervisera la province devenue Etat en remplacement de l'Onu. De son côté, le président américain George W. Bush a déclaré lundi que les Kosovars étaient "maintenant indépendants", ajoutant que la reconnaissance du Kosovo en tant qu'Etat par les Etats-Unis suivrait les recommandations du plan Ahtisaari soutenu par l'ONU. 

La crainte larvée des séparatismes

Mais six pays européens ont dit clairement qu'ils n'étaient pas prêts à reconnaître ce nouveau micro-Etat issu de l'ex-Yougoslavie : Chypre, confrontée au séparatisme de Chypre Nord, l'Espagne à la souveraineté contestée au pays Basque et en Catalogne, mais aussi la Grèce, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie. Pour tous les Etats où existent des tentations séparatistes, l'appel de la Russie résonne douloureusement : Moscou a mis en garde dès dimanche contre le danger représenté par l'exemple de la sécession du Kosovo. Et la Serbie a, symboliquement, lancé la riposte : la police serbe a transmis à la justice des accusations contre trois dirigeants kosovars dont le président Fatmir Sejdiu et le Premier ministre Hashim Thaçi, pour avoir "organisé la proclamation d'un faux Etat sur le territoire serbe".

Les discussions s'annoncent de longue haleine à Bruxelles. L'Allemagne a déjà prévenu, par la voix d'Angela Merkel, qu'aucune décision ne serait à attendre de sa part ce lundi. Et vu l'hostilité de six pays, les ministres ne devaient faire qu'une vague allusion à la déclaration d'indépendance faite dimanche par le parlement kosovar. La présidence slovène aurait proposé de "prendre note" de cette déclaration, mais les Espagnols rejettent une telle formulation. En revanche, selon des sources diplomatiques, les deux textes discutés rappelleraient que les Etats membres décideront eux mêmes des relations qu'ils veulent avoir avec le Kosovo, et donc de le reconnaître ou non.

D'après agences

Les défis qui attendent la force européenne

Une chose est d'envoyer une force européenne assurer la sécurité au Kosovo ; une autre est de la faire accepter par tous. Or, la nouvelle mission de l'UE devrait se heurter au même obstacle que celle de l'Onu : la rivière Ibar, au nord de laquelle les Serbes du Kosovo refusent l'autorité des organismes internationaux. De nombreux analystes tablent à Belgrade sur un "plan B", destiné à mettre en place une partition de facto, à défaut d'être officielle, du nord de la province. "Dans la période qui s'ouvre, la Serbie fera office d'Etat dans les zones du Kosovo où les Serbes sont majoritaires", a déjà assuré le ministre serbe du Kosovo, Slobodan Samardzic, à Mitrovica. "Il en sera ainsi, car les Serbes ne reconnaissent qu'un Etat, la Serbie".

le 18 février 2008 à 10:02
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14 Commentaires

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  • Gerard, le 18/02/2008 à 15h54

    Les russes n'ont pas de lecon à donner à quiconque, vu ce qu'ils ont fait et font en tchétchénie et surtout ce qu'ils font en transnistrie actuellement

  • Roger, le 18/02/2008 à 15h09

    Moi je demande à l'UE de reconnaitre l'indépendance du Languedoc Roussillon. Nous avons été colonisés il y a mille ans par les français lors de la croisade des albigeois, ceux- ci on pratiqué des atrocités, massacrant des pans entier de la population, rasant des villes et des villages, notre indépendance est tout aussi légitime que celle du Kosovo( Rires )

  • Alain, le 18/02/2008 à 14h54

    Et vive l'europe unie supposée parler d'une seule voix en politique étrangère !

  • Eric, le 18/02/2008 à 14h48

    Maintenant en avant pour l'indépendance de la Corse, de la Bretagne, de la Savoie, du Pays Basque, etc...

  • Jean, le 18/02/2008 à 14h15

    Si le Pays Basque , de Bilbao à Bairitz et Bayonne , proclamait son indépedance , la France et l'Espagne approuveraient elles ??? La France reconnait l'indépendance du Kosovo , ça n'a pourtant jamais été fixé par l'ONU , ONU qui a encore lamentablement échoué dans cette affaire . La position espagnole , par exemple , a le mérite d'etre plus logique en respectant les états existants et non pas proclamés .

  • Nicolas, le 18/02/2008 à 14h04

    L'Europe de l'incompétence du nombrilisme de la démagogie ils sont entrain de dissoudre l'onu si durement construite après 39-45 pour réguller l'entente entre les états qui maintenant teindra compte des décision de l'onu et qui les fera appliquer.

  • MITROVIC-JOUANNEAU, le 18/02/2008 à 13h37

    AUX POLITIQUE DE L'UE: REVISEZ L'HISTOIRE DES BALKANS AVANT D'EN FAIRE LA NOUVELLE. APPAREMMENT, VOUS N'AVEZ AUCUNES IDEES, CE N'EST PAS L'AVENIR DE L'EUROPE QUI VOUS INTERESSE MAIS VOTRE NOTORIETE ET VOS COMPTES A L'ETRANGER BIEN REMPLIS! ET SI MOI, JE VENAIS DANS VOS FOYERS DIRE QU'A PARTIR DE MAINTENANT, VOTRE MAISON SERA DIVISER ET DONNEE UNE PARTIE AUX VOISINS! MAIS, VOUS N'AVEZ AUCUNE VALEURE FAMILIALLE ET VOUS VOULEZ CREER UN "NOUVEAU MONDE". SCANDAL, ON SE REVERA...LA ROUE TOURNE

  • Marcel, le 18/02/2008 à 13h09

    Combien de temps va-t-il se passer avant que les corses et les bretons proclament l'indépendance de leurs régions?

  • Knigge, le 18/02/2008 à 12h52

    Ce qui est terrible dans cette "affaire" c'est que chaque partie a raison; les kossovars veulent un état sur ; les serbes veulent conserver une "région" qui leur appartient depuis des siécles...peut étre que l'ONU et l'UE ont des raisons que notre raison ignore...

  • Mike, le 18/02/2008 à 12h36

    Que chaque pays s'occupe de ses affaires au lieu de décider du DEMEMBREMENT D UN PAYS parce que cela leur convient ou pas!!!

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