Hashim Thaçi, Premier ministre du Kosovo © TF1/LCIHashim Thaçi, alias "Le Serpent", restera dans l'Histoire comme le Premier ministre de l'indépendance du Kosovo, couronnant à 39 ans une carrière qui l'a mené en un temps record de la lutte armée à la politique. Il a 30 ans à peine quand il prend la tête de l'Armée de Libération nationale (UCK) qui lutte pour l'indépendance contre les forces du régime autoritaire de Slobodan Milosevic pendant le conflit de 1998-1999. Près de dix ans plus tard, Hashim Thaçi a troqué son treillis pour un costume de bonne coupe, généralement agrémenté d'une cravate claire. Réputé méfiant, peu disert, voire même timide, Hashim Thaçi est récemment devenu plus volubile avec les étrangers après avoir acquis des rudiments d'anglais.
La lutte pour l'indépendance de ce jeune homme né dans la région de la Drenica, berceau du séparatisme albanais, aura débuté dans les années 90. Il participe alors à la résistance passive aux autorités de Belgrade. Mais persuadé que cette politique impulsée par le "Père de la nation" kosovare albanaise, Ibrahim Rugova, ne donnera aucun résultat, il décide avec d'autres indépendantistes de fonder l'UCK, qui se renforce en 1997 pour contrôler en mai 1998, un quart du territoire du Kosovo. Condamné par contumace à 22 ans de prison pour terrorisme par un tribunal serbe, notamment pour une attaque en mai 1993 contre une patrouille de la police serbe, il se réfugie en Suisse où il étudie les sciences politiques.
Appels au dialogue avec Belgrade
Pendant le conflit de 1998-1999, il est "Premier ministre" du "gouvernement provisoire" du Kosovo. Il apparaît sur la scène politique internationale en 1999 à la conférence de paix de Rambouillet où il s'affirme, fort du soutien des Etats-Unis, comme le chef des négociateurs kosovars albanais. Après l'échec des pourparlers de Rambouillet, la campagne de bombardements de l'OTAN, le départ des forces serbes du Kosovo et l'installation de la Mission de l'ONU au Kosovo (Minuk), Hashim Thaçi est élu membre du Conseil administratif intérimaire de la province.
En juin 2003, il est brièvement arrêté à l'aéroport de Budapest, sur la base d'un mandat d'arrêt international lancé par Belgrade, puis libéré après une intervention de la Minuk. Après la création du Parti démocratique du Kosovo (PDK), il poursuit la lutte pour un Kosovo indépendant mais lance plusieurs appels au dialogue avec Belgrade et prône la tolérance ethnique. En mars 2004, après des violences anti-serbes au Kosovo qui font plusieurs morts et des centaines de blessés, il qualifie de "criminels" les émeutiers albanais.
Conclusion de cette rapide ascension, Hashim Thaçi est devenu Premier ministre en janvier dernier, après la victoire de son parti aux législatives de novembre 2007. A la veille de l'indépendance, il s'est efforcé de rassurer les Serbes restés au Kosovo après la guerre. "Nous créons une nouvelle réalité et une nouvelle perspective. Nous fermons le chapitre du passé et ouvrons celui de l'avenir. Le Kosovo est la patrie de tous ses citoyens", a-t-il dit lors d'une visite dans un village serbe.
D'après agence
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