Hashim Thaci © TF1/LCI
Hashim Thaci, le Premier ministre kosovar et ancien chef de la guérilla de l'UCK, va proclamer dimanche l'indépendance de la province serbe à majorité albanaise, administrée par l'Onu depuis 1999, avec le concours de l'Otan pour en assurer la sécurité. Cette indépendance devrait être reconnue instantanément par les Etats-Unis et plusieurs pays européens, dont la France. En revanche, la Serbie -et les Serbes du Kosovo- et la Russie ont réaffirmé vendredi qu'elles considéreront une auto-proclamation comme nulle et non avenue.
Chacun campant sur ses positions, plusieurs scénarios sont envisageables.
L'indépendance est reconnue
Sans attendre, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Italie reconnaissent le Kosovo indépendant. La plupart des Etats membres de l'UE reconnaissent à leur tour le nouvel Etat dans une deuxième vague mais six autres -Chypre, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie et l'Espagne- refusent.
Le Kosovo adopte un nouveau drapeau, de nouveaux attributs nationaux et un nouvel hymne. Dans les deux semaines, une célébration officielle marquant l'indépendance est organisée à Pristina, en présence de chefs d'Etat et dignitaires étrangers.
Il est probable que la Serbie riposte en rappelant ses ambassadeurs en poste dans des pays qui reconnaîtront le Kosovo. Une rupture des relations diplomatiques ne semble en revanche pas envisagée.
La partition
Avec l'appui de Belgrade, les 120.000 Serbes vivant encore au Kosovo refuseront la sécession. Dans le nord du territoire, où ils sont majoritaires, ils ont déjà annoncé qu'ils avaient l'intention de créer leur propre parlement autonome, à l'occasion des élections locales en Serbie prévues en mai.
La Serbie renforcerait de son côté le réseau de structures parallèles déjà en place dans la région et apportait aux seuls Serbes des services dans les domaines de l'administration, de l'éducation et de la santé publique. On se dirigerait alors vers une partition de facto.
La riposte de Belgrade
La Serbie, bombardée 78 jours durant par l'Otan en 1999, a annoncé qu'elle ne recourrait pas à la force pour empêcher l'indépendance. Le gouvernement serbe a en revanche acté un "plan d'actions". Les mesures pourraient inclure la fermeture des frontières, un embargo sur les échanges commerciaux et la non-reconnaissance des passeports délivrés par les autorités kosovares. La Serbie pourrait aussi réduire ses livraisons en électricité et en eau, de même que les liaisons téléphoniques et internet (cliquez ici pour voir notre sujet sur un éventuel blocus serbe).
Les violences généralisées
Les observateurs craignent une provocation isolée, serbe ou albanaise, qui mettrait le feu aux poudres entre les deux communautés, malgré les appels au calme des politiques -c'est par exemple un incident jamais clarifié qui avait déclenché les émeutes antiserbes de mars 2004 (19 morts, 7 villages brûlés).
Des organisations nationalistes pour l'heure marginales, à la fois serbes et kosovars, ont notamment promis de prendre les armes pour défendre leur cause au cas où. Une inconnue inconnue majeure concerne 'influence que conserve Hashim Thaci sur les ex- combattants de l'UCK. Affirmant contrôler ses anciennes troupes, il a promis la sécurité aux Serbes du Kosovo (cliquez ici pour voir notre vidéo sur les promesses de Thaci aux Serbes).
Pour beaucoup, les Kosovars, tout juste devenus indépendants et "sous surveillance internationale", n'ont aucun intérêt à déclencher des violences "Ils vont devoir montrer au monde qu'ils savent bien se comporter" estiment beaucoup de Serbes du Kosovo. La présence de 16.000 soldats de l'Otan dans un territoire de 11.000 km, grand comme deux départements français, devrait également prévenir un embrasement (cliquez ici pour voir notre reportage sur les militaires français de la Kfor).
Les départs massifs de Serbes
Le message de leurs leaders est de rester. Les observateurs ont "bon espoir" que la majorité ne partira pas s'il n'y a pas de violences. "Dans la vie quotidienne, la partition est déjà une réalité", remarque une source proche de l'Otan. Les Serbes resteront d'autant plus que Belgrade soutiendra l'administration parallèle qu'ils veulent mettre en place. Beaucoup imaginent que chacun vivra de son côté, comme aujourd'hui. "On aura probablement un Etat dans l'Etat, Si les deux peuvent travailler ensemble c'est OK, on ne peut pas l'éviter", note une source proche de l'Onu
D'après agences
Retour MYTF1

Chargement en cours...




