Medvedev, le bureaucrate devenu président

Par , le 02 mars 2008 à 22h10 , mis à jour le 06 mai 2008 à 16h53

Portrait - Le vainqueur de la présidentielle ne doit son accession au pouvoir qu'à sa relation avec Poutine. Aura-t-il l'envie et la force de s'en démarquer ?

Dmitri MedvedevDmitri Medvedev © TF1-LCI

ARTICLE PUBLIE POUR LA PREMIERE FOIS LE 3 MARS, 
AU LENDEMAIN DE LA PRESIDENTIELLE RUSSE
 

A 42 ans, Dmitri Medvedev sera le plus jeune dirigeant russe depuis le tsar Nicolas II. Ce juriste de formation n'était pas prédestiné à une carrière politique. Il doit sa fulgurante ascension dans les sphères du pouvoir russe à sa relation avec Vladimir Poutine. Proche collaborateur de son mentor à St-Petersbourg pendant une quinzaine d'années, il a en effet été aspiré dans le sillage de celui qui aura dirigé la Russie de 2000 à 2008. Sa loyauté lui a tout d'abord valu de naviguer dans la bureaucratie puis de diriger la très puissante administration présidentielle au Kremlin, qui englobe notamment la tête de Gazprom, le géant de l'énergie. Il est ensuite entré au gouvernement comme 1er vice-Premier ministre.
 
Au moment de choisir son successeur tout en s'assurant de pouvoir jouer un rôle d'importance par la suite, Vladimir Poutine a donc préféré Dmitri Medvedev à Sergueï Ivanov, l'ancien ministre de la Défense.  Les qualités personnelles du futur président -il prendra ses fonctions en mai- semblent en effet en faire un allié fidèle pour Vladimir Poutine. "Medvedev a été choisi pour deux raisons. Tout d'abord, il semble plus malléable. Ensuite, son côté occidental offre plus de perspectives en matière de diplomatie", analyse Thomas Gomart, directeur du centre Russie/NEI à l'Institut français des relations internationales.
 
Marionnette ?
 
Ceux qui connaissent Dmitri Medvedev le décrivent en effet comme un homme ordinaire, intelligent et direct, mais qui déteste le risque. Et ils se demandent notamment s'il aura la ruse et la dureté nécessaires pour s'imposer dans sa nouvelle fonction. Bref, le véritable intérêt de la présidentielle est encore en suspens : Medvedev tentera-t-il de faire face -et saura-t-il le faire le cas échéant- à Poutine ou se contentera-t-il d'être la marionnette de son futur Premier ministre ?
 
Les observateurs se rappellent que la même question ou presque se posait en 2000 pour Poutine. "A l'époque, il avait été choisi pour succéder à Eltsine car il semblait le plus terne des prétendants et surtout le plus loyal au clan du président sortant", rappelle Thomas Gomart. Va-t-on assister à un bis repetita de l'Histoire russe, cette fois aux dépens de Poutine ? Il est trop pour le dire. "C'est d'ailleurs là le véritable intérêt de l'élection : que va-t-il se passer ensuite dans le tandem Medvedev-Poutine", commente Olivier Ravanello, le correspondant de TF1/LCI à Moscou.
 
Changement sur le style, pas sur le fond
  
En attendant, les Occidentaux devraient s'accommoder d'un dirigeant plus tourné vers eux que ne l'était l'ancien directeur du FSB Vladimir Poutine. Elevé dans la difficulté matérielle de l'ère soviétique, Dmitri Medvedev, alors âgé d'une vingtaine d'années, a profité de l'effondrement du régime communiste pour profiter de l'ouverture au libéralisme. Il a ainsi travaillé dans le privé -une période gommée dans les biographies officielles- en tant qu'avocat pour le papetier Ilim Pulp, dont il a contribué à la création.  "Il avait un salaire et il a connu le vrai monde de l'entreprise dans les années 1990. Il a vu la réalité", souligne l'un de ses anciens collègues, qui affirme que Medvedev avait ceci de particulier pour l'époque : il refusait alors payer des pots-de-vin même lorsque son entreprise pouvait perdre au tribunal parce qu'il refusait de soudoyer un juge.
 
De son passé libéral, Dmitri Medvedev a gardé une ouverture d'esprit pour le monde occidental. Il est par exemple partisan de l'adhésion aux institutions internationales comme l'OMC, favorable à la globalisation et au dialogue avec l'UE.  "Mais il ne faut cependant pas s'attendre à des changements profonds de la diplomatie russe sur la scène internationale. Medvedev poursuivra globalement la politique étrangère de Poutine sur le fond. Seul le style sera différent et plus adouci", prévient Thomas Gomart.

Par Fabrice Aubert le 02 mars 2008 à 22:10
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8 Commentaires

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  • BRUNO, le 04/03/2008 à 00h46

    Je suis sidere à la lecture des reactions.Nous avons à faire à un pays où l'opposition est embavaillee, où les journalistes (critiques, non les serfs du pouvoir)sont assassines, où la liberte d'information est pietinee, et je vois des persones qui se felicitent pour ce simulacre d'election. Ces grands democrates regrettent-ils aussi le bon temps de Vichy?

  • Aurél, le 03/03/2008 à 11h49

    Quand tout est truqué tout est plus facile non?

  • Marie G, le 03/03/2008 à 11h27

    Laisser moi rire la France et sa démocratie, ont devraient balayer devant notre porte

  • Jeremy, le 03/03/2008 à 11h22

    Bravo à Medvedev, que vous le voulez ou non les russes ont votés, je doute qu'ils critiquent la façon dont chaque élection, magouille s'organise en occident donc arrêtez de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.

  • Kapper, le 03/03/2008 à 09h16

    En 2000, Poutine était à plus de 70% d'opinions favorables. 8 ans après, il y est toujours... LUI

  • PATIN Didier, le 03/03/2008 à 09h11

    La France n'a pas de leçon de démocratie à donner à la Russie.

  • Pardi, le 03/03/2008 à 07h21

    Quel charisme! Quelle compétence! Quel élan populaire! Ah, cette vodka légendaire! Les urnes étaient bourrées?

  • Bethe, le 03/03/2008 à 01h15

    Une fois de plus la presse est trés désobligeante envers Mr POUTINE brillant homme d état qui a su faire fonctionner son pays.Sommes nous capables en FRANCE de tels résultats ? Toujours du négatif MAIS POURQUOI ?

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