Le site du Daily Telegraph évoquant des restes humains retrouvés dans un orphelinat de Jersey (27 février 2008) © www.telegraph.co.ukLe bâtiment, situé sur l'île de Jersey, a servi d'orphelinat, puis de foyer pour enfants en difficulté jusqu'en 1986, avant d'être reconverti en auberge de jeunesse en 2004. Depuis novembre, il est au centre d'une enquête lancée après des allégations de maltraitances et de violences sexuelles entre les années 1960 et le début des années 2000. Mais l'enquête s'est brutalement accélérée après la découverte, samedi, d'un crâne d'enfant. La police de l'île de Jersey a entrepris des fouilles systématiques et laisse désormais entendre que d'autres ossements pourraient se trouver dans une cave murée, qui a été percée mercredi en début d'après-midi.
En pénétrant dans cette pièce d'environ 4 mètres sur 4, un chien "renifleur" a eu une "réaction extrêmement forte", a expliqué le chef adjoint de la police lors d'une conférence de presse. "La réaction immédiate du chien était similaire à celle qu'il a eue lorsqu'on a retrouvé des restes humains" samedi dernier dans le bâtiment, a-t-il expliqué. La pièce était encombrée de gravats qui devaient être déblayés dans le courant de l'après-midi. Les experts estiment qu'une autre pièce de même taille, elle aussi murée, se trouve sans doute sous l'ancien orphelinat.
"De lourdes menottes reliées à un bloc de bois"
Actuellement, les recherches se concentrent sur sept points du bâtiment, construit sur le site du Haut de la Garenne à St-Martin. Et les témoignages susceptibles de les guider se multiplient. La police de l'île a indiqué avoir reçu depuis samedi quelque 70 appels de victimes présumées de violences, notamment sexuelles, lors de leur passage dans cet établissement. Depuis le début de l'enquête, environ 200 personnes au total se sont manifestées auprès de la police. "Nous avons des précisions sur certains enfants qui ont été portés disparus ou en fuite et dont on pensait qu'ils avaient quitté l'île", a indiqué le chef adjoint de la police de l'île.
La presse britannique, pour sa part, donne la parole à plusieurs témoins. "Ce qui s'est passé là-bas est indescriptible, les actes les plus cruels et sadiques auxquels on peut penser", affirme une femme présentée comme Pamela, dans les colonnes du Daily Telegraph. Elle dit avoir été droguée avec des calmants et agressée sexuellement à de nombreuses reprises. Pamela, qui a été placée au foyer du Haut de la Garenne à l'âge de 13 ans en raison d'une mère violente, s'est souvenue de travaux fréquents dans la cave où se concentrent les fouilles.
Un autre témoin, Robert Boutillier, qui a participé à la rénovation du bâtiment il y a quatre ans, a assuré que les ouvriers avaient découvert une trappe menant dans une pièce sans fenêtre avec une simple chaise et des menottes. "Nous avons retrouvé des choses qui faisaient froid dans le dos", a-t-il raconté au Daily Telegraph. "Il y avait de lourdes menottes reliées à un bloc de bois, c'était horrible". Le porte-parole de la police a indiqué qu'une enquête serait menée pour vérifier ces allégations.
D'après agence
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