Pour la première fois depuis dimanche et l'indépendance autoproclamée du Kosovo, des Serbes du Kosovo -ils sont environ 120 000- ont exprimé leur colère par la force. Environ 1 000 nationalistes, opposés à l'indépendance, ont en effet détruit deux postes-frontières avec la Serbie situés au Nord du nouveau pays, région où les Serbes sont majoritaires. Les soldats de l'Otan, présents sur place depuis près de neuf ans, ont été appelés à la rescousse par la police kosovare. A Mitrovica, la grande ville du Nord du Kosovo, plus de 1.000 étudiants ont également manifesté pour protester contre le nouvel Etat kosovar.
Si ces incidents n'ont pas dégénéré, ils démontrent les défis qui attendent la mission civile de l'Union européenne. "Nous ne sommes vraiment pas loin de la partition", estime d'ailleurs un responsable occidental présent sur place.
Premières lois
Afin de calmer la situation, le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana, est arrivé à Pristina, la capitale, mardi après-midi. Il est le premier haut responsable étranger à se rendre au Kosovo depuis dimanche. Objectif : "renouveler ses appels au calme et à la responsabilité", qu'il avait lancés aussitôt après la proclamation de l'indépendance. Pour l'instant, les pays européens sont divisés, certains d'entre eux, notamment la France ayant reconnu le nouvel Etat, tandis que d'autres, comme l'Espagne et les pays de l'Est, s'y opposant.
Le Parlement kosovar devait de son côté adopter ses 10 premières lois d'Etat indépendant, la première portant sur la création d'un ministère des Affaires étrangères.







