Amélie Delagrange, tuée à Londres le 19 août 2004 © TF1/LCIL'ancien videur de boîte de nuit Levi Bellfield, reconnu coupable lundi à Londres du meurtre de deux jeunes femmes, dont la Française Amélie Delagrange, a été condamné mardi à la réclusion à perpétuité.
A l'automne 2004, l'enquête avait défrayé la chronique des deux côtés de la Manche. Amélie Delagrange, 22 ans, venue poursuivre ses études à Londres, avait été retrouvée morte, victime d'un violent coup à la tête, dans le quartier de Twickenham, une banlieue huppée de la capitale britannique. La jeune femme originaire d'Hanvoile, en Picardie, était étudiante en Langues étrangères appliquées (LEA), et elle séjournait à Londres depuis avril 2004 afin de parfaire son anglais. Elle avait manqué l'arrêt de son autobus alors qu'elle rentrait d'une soirée chez des amis, le 19 août 2004. Elle avait alors dû rebrousser chemin à pied, et avait été attaquée près du terrain de cricket de Twickenham.
"Une blessure ouverte qui ne cicatrisera pas"
Le secteur du crime et son modus operandi rappelant d'autres attaques similaires, la police s'était lancée sur la piste d'un tueur en série, rapidement baptisé le "tueur au marteau". Après trois mois d'enquête, elle interpellait finalement un dénommé Levi Bellfield en novembre. Rapidement soupçonné dans plusieurs autres affaires, il a nié jusqu'au bout de son procès. Le jury du tribunal londonien de l'Old Bailey l'a finalement reconnu coupable, non seulement du meurtre d'Amélie Delagrange, mais aussi de celui de l'étudiante britannique Marsha McDonnell, 19 ans, ainsi que de tentative de meurtre en mai 2004 sur une autre étudiante, Kate Sheedy, 18 ans. Ce mardi, Levi Bellfield a été condamné à trois peines de prison à vie incompressibles pour ces crimes, sans possibilité de libération anticipée.
"Vous avez plongé trois familles dans un chagrin inimaginable", a commenté la juge, Anne Rafferty, en annonçant la sentence. "Les sentiments terribles qui vous ont traversé la tête lorsque vous avez attaqué et par deux fois abrégé une jeune existence, dépassent l'entendement. Vous ne pourrez prétendre à une libération anticipée et vous passerez le reste de votre vie en prison". Un peu plus tôt, les familles des victimes ou leurs avocats avaient lu des déclarations résumant l'impact de ces meurtres sur le cours de leur existence. "Notre monde s'est écroulé le 19 août 2004", a déclaré la mère d'Amélie, Dominique Delagrange. "Nous souffrirons toujours de ne pas savoir ce que serait devenue Amélie si sa vie n'avait pas été interrompue de cette façon. Sa perte est une blessure ouverte qui ne cicatrisera pas. Nous ne nous en remettrons jamais".
D'après agence
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