Le président serbe Boris Tadic © LCIA la veille de la probable indépendance du Kosovo, le président serbe Boris Tadic, favorable à l'Union européenne, a été réélu dimanche à la tête de son pays. Selon des résultats partielles, il remporterait 51,16% des voix contre 47,18% au candidat ultranationaliste pro-russe Tomislav Nikolic. Une victoire rapidement reconnue publiquement par Tomislav Nikolic lui-même. "Tadic a gagné, je lui présente mes félicitations", a-t-il dit au siège de sa formation, le Parti radical serbe. "Je voudrais appeler tout le monde à garder son calme", a-t-il ajouté. De son côté, Boris Tadic a annoncé qu'il allait s'entretenir avec son adversaire "car un grand nombre de citoyens ont soutenu ses idées. Il est important d'unifier la Serbie".
Aussitôt après l'annonce de la réélection de Boris Tadic, un concert de klaxons a retenti à Belgrade tandis que des voitures arborant à leurs fenêtres des drapeaux jaune et bleu du Parti démocrate sillonnaient la ville. Il faut dire que les Serbes ont voté en nombre lors de cette présidentielle qui a pris la dimension d'un référendum pour ou contre le rapprochement avec l'Union européenne. La participation a en effet atteint les 67,6%, un chiffre record depuis l'élection présidentielle de 2000, qui avait précipité la chute du régime autoritaire de Slobodan Milosevic. L'élection de dimanche, considérée comme "la plus incertaine" de l'histoire récente de la Serbie, était aussi la plus importante depuis 2000. "Nous aurons une sorte de référendum sur la voie que la Serbie doit prendre. Je m'attends à ce que les électeurs choisissent la poursuite des réformes entamées en octobre 2000", a déclaré Boris Tadic.
"Cela ne marchera pas"
Cette élection intervenait alors que les leaders albanais du Kosovo ont annoncé qu'ils proclameraient rapidement l'indépendance de la province administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et les séparatistes albanais. Les Serbes du Kosovo ont voté sans grand espoir d'empêcher cette indépendance annoncée sous l'oeil indifférent des Albanais qui boycottent les élections serbes depuis 1989. "Le vote est l'expression d'un voeu (maintenir le Kosovo en Serbie) mais cela ne marchera pas", a déclaré le Serbe Milan Puzic, un enseignant de 65 ans. "Ils (les Serbes) votent en vain. Nous allons déclarer l'indépendance très prochainement", a affirmé le kosovar albanais Rushit Hajrizi, un agriculteur de 43 ans.
Au premier tour, Tomislav Nikolic du Parti radical serbe était arrivé en tête avec 39,99% de voix contre 35,39% à Boris Tadic. Comme son adversaire, le président sortant est opposé à l'indépendance du Kosovo mais, contrairement à lui, il est persuadé que la Serbie n'a d'autre voie que l'intégration européenne. Boris Tadic considèrait qu'une victoire de son adversaire risquait de replonger la Serbie dans l'isolement qu'elle a connu sous Milosevic en raison des guerres et des sanctions internationales. De son côté, Tomislav Nikolic estime que la Russie, qui a accordé à la Serbie un soutien sans faille à son opposition à l'indépendance du Kosovo, est un "partenaire stratégique" plus fiable que l'UE. Quant à l'Union Européenne elle-même, elle n'a pas caché sa préférence pour Boris Tadic
D'après agence
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