
Le scandale a déjà largement franchi les frontières de l'Allemagne, puisqu'il a commencé à dégénérer en brouille diplomatique avec le Liechtenstein. Mais ce n'est peut-être que le début. Berlin a reconnu récemment que les services secrets allemands avaient versé, avec l'aval du gouvernement, entre 4 et 5 millions d'euros à un informateur pour acquérir des données bancaires venues du petit Etat voisin de la Suisse et de l'Autriche. Ces informations ont permis à la justice allemande de lancer une vaste enquête sur des fraudeurs du fisc, parmi lesquels des personnalités connues. A présent, le scandale pourrait s'élargir en Europe.
L'Allemagne compte en effet faire profiter d'autres Etats, avec lesquels elle a des accords de coopération juridique, des informations sur des fraudeurs du fisc qu'elle a récoltées, et qui concernent aussi des ressortissants étrangers. Certaines informations ont visiblement déjà été transmises, ainsi par exemple à la France. "On a reçu les informations en question il y a quelques semaines, on est en train de vérifier les données transmises; tout est couvert par le secret fiscal", indique-t-on au ministère français du Budget. Tout en soulignant : "Les échanges d'informations entre les Etats européens, c'est quelque chose de normal et de fréquent, ils vont aller croissants et se renforcer".
Des demandes de Finlande, de Suède, de Norvège...
Berlin aurait en outre eu des demandes à cet effet en provenance de Finlande, de Suède et de Norvège, rapportait lundi le quotidien Handelsblatt. Un porte-parole de l'autorité fiscale suédoise n'a pas souhaité commenter sur une éventuelle demande adressée à Berlin, mais "nous coopérons très bien avec les autres pays", a-t-il expliqué. D'autres pays s'attendent à être informés directement par l'Allemagne si leurs citoyens sont concernés, en vertu d'accords de coopération des administrations fiscales.
C'est le cas des Pays-Bas par exemple : si des Néerlandais sont impliqués, "nous nous attendons à ce que leurs données nous soient transmises", a ainsi expliqué le porte-parole du ministère des Finances des Pays-Bas. Même chose en Autriche. "Nous obtiendrons ces données de toute façon", a indiqué le porte-parole du ministère des Finances du pays, précisant que la procédure pouvait prendre un certain temps. Mais "je ne pense pas que beaucoup d'Autrichiens soient concernés, car le régime fiscal en Autriche est beaucoup plus favorable" qu'en Allemagne, a-t-il ajouté.
Selon le Financial Times, le Royaume-Uni aurait pour sa part acquis des informations sur une centaine de riches Britanniques directement auprès de l'informateur à l'origine du scandale, pour quelque 100.000 livres (133.000 euros). Mais le ministère allemand des Finances n'a, pour sa part, pas été en contact avec le Royaume-Uni à ce sujet, a déclaré son porte-parole.
D'après agence
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