© AFPDimanche soir ou lundi matin, l'Europe saura si elle doit composer avec la Serbie. Les électeurs doivent trancher aujourd'hui entre le président pro-européen Boris Tadic et l'ultranationaliste pro-russe Tomislav Nikolic, au second tour d'une présidentielle dont le résultat très incertain déterminera l'avenir des relations entre la Serbie et l'Union européenne. Le ministre serbe des Affaires étrangères a défini l'enjeu en qualifiant ce second tour de "référendum" pour ou contre l'Europe.
Au premier tour, Tomislav Nikolic (Parti radical serbe SRS, ultranationaliste) était en tête avec 39,99% de voix contre 35,39% à Boris Tadic du Parti démocrate. Selon les derniers sondages, les deux hommes, déjà rivaux lors de la présidentielle de 2004, sont au coude à coude avec un très léger avantage pour Boris Tadic, mais avec une forte marge d'incertitude. La participation, supérieure à 60% au premier tour, devrait dépasser les 65%, sans que l'on ne sache à qui cette mobilisation exceptionnelle des électeurs (6,7 millions d'inscrits) pourrait profiter.
Vague "accord politique de coopération" avec l'UE
Bruxelles suit cette présidentielle avec d'autant plus d'attention qu'elle précèdera sans doute de quelques jours une proclamation d'indépendance de la part des leaders albanais du Kosovo, la province serbe administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et les séparatistes albanais. L'UE, qui doit prochainement envoyer au Kosovo une mission pour prendre la relève de celle de l'ONU, n'a pas caché sa préférence pour Boris Tadic.
Comme son adversaire, le président sortant est opposé à l'indépendance du Kosovo mais, contrairement à lui, il est persuadé que la Serbie n'a d'autre voie que l'intégration à l'Europe des 27. Après avoir hésité à faire un geste clair en faveur de Boris Tadic, l'UE a finalement proposé de signer avec la Serbie, après la présidentielle, un vague "accord politique de coopération". Alors que Boris Tadic espérait la signature de l'Accord de stabilisation et d'association, premier pas vers l'adhésion à l'Union, l'impact de l'annonce d'un accord au rabais reste incertain. "S'il y avait une victoire de Tomislav Nikolic, on ne signerait ni l'accord d'association ni cette offre d'accord politique", résume le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes Alberto Navarro.
D'après agence
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