© AFP/A.QureshiLa police danoise a annoncé avoir arrêté mardi trois personnes, deux Tunisiens et un Danois, soupçonnées de projeter un attentat contre un des douze dessinateurs du plus grand quotidien danois, Jyllands-Posten, qui avait publié en septembre 2005 des caricatures controversées de Mahomet. La publication des dessins satiriques du prophète, jugés insultants par des musulmans, avait soulevé en février 2006 une tempête de protestations violentes dans différents pays musulmans contre le Danemark et le quotidien danois, et généré des menaces d'attentats inhabituelles pour le pays.
Le Service de sécurité et de renseignement danois a annoncé que ces trois arrestations avaient été opérées près d'Aarhus, dans l'ouest du pays, après une longue surveillance qui a permis de déjouer un assassinat "terroriste" dont les préparatifs en étaient à leurs premiers stades. Le PET a précisé que le suspect danois, un homme d'origine marocaine de 40 ans, serait vraisemblablement remis en liberté en attendant la suite de l'enquête tandis que les deux Tunisiens resteraient détenus le temps de la procédure d'expulsion engagée à leur encontre.
Mahomet coiffé d'un turban en forme de bombe
Selon le site de Jyllands-Posten, la "cible" de cet attentat n'était autre que Kurt Westergaard, celui-là même qui a dessiné la caricature la plus controversée montrant la tête du prophète portant un turban en forme de bombe, avec la mèche allumée. Agé de 73 ans, Westergaard et son épouse Gitte, ont été pendant plus de trois mois sous une intense protection policière, devant changer plusieurs fois de domicile après la découverte de plans d'attentat contre eux.
Toujours selon Jyllands-Posten, ces plans étaient concrets, impliquant des ressortissants danois et étrangers, et visaient à assassiner le dessinateur chez lui. Un élément qui tendrait à donner du crédit à ses affirmations : Jyllands-Posten a son siège dans la banlieue d'Aarhus, ville plutôt calme du centre du pays... et c'est précisément dans la région de cette ville qu'a été menée l'opération de police.
"Bien sûr je crains pour ma vie lorsque (le renseignement de la police) m'informe que certaines personnes échaffaudent des plans concrets pour me tuer", a déclaré Westergaard. "Je n'ai fait que mon travail et je le fais toujours. Mais je ne sais pas combien de temps je vivrai sous protection policière. Les retombées de cette folle réaction dureront aussi longtemps que je vivrai. C'est triste, mais c'est devenu ma condition de vie", a-t-il ajouté. Le rédacteur en chef du journal, Carsten Juste, a indiqué pour sa part mardi sur le site internet du quotidien que "la direction a suivi depuis plusieurs mois avec une profonde préoccupation les efforts discrets de protéger Kurt Westergaard contre des plans concrets d'assassinat. Il est honteux qu'un homme qui fait bien son travail en conformité avec la législation danoise et l'éthique de la presse soit diabolisé et récompensé par des menaces concrètes de meurtre".
D'après agence
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