Vague de suicides : le Pays de Galles craint la contagion

Par K.P., le 21 février 2008 à 11h08 , mis à jour le 21 février 2008 à 12h10

Les autorités du pays de Galles accusent les médias de favoriser une contagion inexpliquée de suicides chez des adolescents influençables. Depuis un an, 17 jeunes de la banlieue de Bridgend, une ville de la nation britannique, se sont suicidés. La dernière victime a été retrouvée mardi.

ado suicide pays de galleAu Pays de Galles, des suicides en série chez des adolescents inquiètent © TF1/LCI

Des modes opératoires similaires. Des adolescents avec un lien de parenté. Les 17 suicides inexpliqués ayant touché les alentours de la ville de Bridgend au Royamume-Uni font couler beaucoup d'encre. La découverte mardi du corps de Jenna Parry, 16 ans, qui s'est apparemment  pendue à un arbre, est  la dernière d'une macabre série. La semaine dernière, deux cousins, Nathaniel Pritchard, 15 ans et Kelly  Stephenson, 20 ans, originaires de Bridgend se sont donné la mort à quelques heures d'intervalle. Avant eux, 14 autres jeunes gens se sont suicidés dans cette région de  moins de 130.000 habitants, à mi-chemin entre Cardiff et  Swansea. La série avait commencé avec la découverte du corps de Dale Crole, 18 ans, en janvier 2007. Au total 16 se sont pendus -- un mode opératoire inhabituel surtout chez les  jeunes filles -- et l'un d'entre eux s'est fait volontairement écraser par un  train.
 
La presse  britannique a commencé à évoquer un "pacte suicidaire" sur internet, et à surnommer la région le "comté des suicides". Mais la police réfute fermement l'existence d'un quelconque pacte, et pointe  du doigt la responsabilité des médias. "Nous n'avons trouvé aucune preuve d'un pacte suicidaire", ni d'une  influence des sites de socialisations, souligne Dave Morris, chef adjoint de la  police du sud du Pays de Galles. "Nous parlons aux jeunes gens à Bridgend et ce  qu'ils nous disent, c'est que les médias commencent à influer sur leurs pensées concernant la manière dont ils se sentent, la pression qui pèse sur eux, ou  encore comment Bridgend est stigmatisée par les médias", note-t-il. "La couverture par les médias a mis l'idée (du suicide) dans la tête de  Nathaniel", a accusé Sharon Pritchard, dont le fils figure parmi  les victimes.
 
Pacte suicidaire ou coïncidence ?
 
Dave Morris a cependant admis que toutes les jeunes victimes utilisaient des  sites de socialisation qui pourraient être un facteur de contagion plus efficace  sur cette tranche d'âge que les médias traditionnels. Et tous les suicidés de Bridgend connaissaient ou avaient un lien de parenté  avec un autre jeune qui s'était précédemment donné la mort, ce qui suggère un  effet d'entraînement.
 
Les médias soulignent aussi que le pays de Galles détient le record du taux  de suicide parmi les provinces du Royaume-Uni et insistent sur le peu de distractions offertes aux jeunes dans la région. Pourtant, si Bridgend est située dans une ex-région minière, la ville n'est pas particulièrement défavorisée, ayant réussi à attirer des groupes étrangers comme Sony ou Ford. Plusieurs journaux britanniques ont fait leur autocritique. En 2006, une commission britannique de contrôle de la presse avait  préconisé, pour éviter toute contagion des suicides par les médias, d'éviter "les détails excessifs sur les méthodes" employées par les suicidés. En Norvège le code de la presse va plus loin et enjoint les médias "à ne mentionner aucun suicide ou tentative de suicide" pour éviter tout effet d'entraînement.

Par K.P. le 21 février 2008 à 11:08
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5 Commentaires

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  • Jeff, le 22/02/2008 à 06h06

    Un p'tit boulot aupair a l'etranger leur ferait le plus grand bien.

  • Cocopok, le 22/02/2008 à 02h09

    T'es pas cap ? Si tu as raté ta vie,réussis ta mort et tu seras enfin considéré.Voilà l'état d'esprit de ces jeunes.Courage,ne faites pas cette immense bétise.

  • Aurelie, le 21/02/2008 à 14h36

    Je pense pour ma part que la pression sociale est telle qu'elle devient parfois insoutenable pour certains. Il faut avoir un job, fonder une famille,avoir de l'argent, etre bien dans sa peau...en tout cas, c'est ce qu'on entend. Mais cette "normalite" est de plus en plus difficilement accessible et ceux qui s'en ecartent sont montres comme des moutons noirs. Mon conseil: arreter regarder les infos (et la tele en general) qui nous abreuvent de mauvaises nouvelles et nous retournent la tete. Vive l'imbecile heureux!

  • Rani, le 21/02/2008 à 13h50

    Le suicide est parfois imprévisible chez un jeune, malgré tout ce que j'entends : bien sur que la vie est difficile, mais autrefois aussi, les gosses avaient une vie de misère...alors ???

  • Audrey, le 21/02/2008 à 11h47

    Il n'y a pas que les médias qui poussent au suicide. Je pense plutôt que les jeunes ont un mal de vivre général. Quel avenir pour nous ? La vie est cher, des risques d'attentat à tous les carrefours, une société stressante qui demande toujours plus. On nous dicte tout. Fumez pas, buvez pas, manger comme ceci et non comme celà, faite ceci et pas celà...Et maintenant on est adulte à 15 ans. Magnifique avenir...

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