Mikhaïl Saakachvil, le président de Georgie © DRArguant du précédent kosovar, l'Abkhazie, région pro-russe de Géorgie, a demandé vendredi par une motion officielle à la communauté internationale de reconnaître son indépendance. Une revendication retransmise par les agences de presse russes, alors même que Tbilissi venait d'accuser Moscou de se livrer à une "provocation extrêmement dangereuse" en levant toutes les restrictions commerciales contre le territoire séparatiste.
Cette levée des restrictions avait avant tout une portée politique, l'économie abkhaze - culture d'agrumes, tourisme - étant déjà largement tournée vers la Russie et les détenteurs de passeports russes, nombreux en Abkhazie, pouvant très facilement se rendre en Russie. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Denissov, avait soigneusement écarté toute référence au cas kosovar pour justifier cette décision.
"L'indépendance du Kosovo a tout changé"
L'un des principaux enjeux des sanctions, imposées après la guerre entre Abkhazes et Géorgiens au début des années 90, était celui des réfugiés de nationalité géorgienne. Or aujourd'hui, selon la diplomatie russe, nombre d'entre eux sont revenus en Abkhazie. C'est pourquoi la Russie a indiqué jeudi qu'elle "ne se considère plus liée par les dispositions d'un accord de la CEI (la Communauté des Etats indépendants, à savoir les Etats de l'ex-URSS moins les Etats baltes) du 19 janvier 1996 (...) qui a interdit les liens économiques, commerciaux, financiers et les liaisons de transport avec l'Abkhazie".
Mais pour le "ministre" des Affaires étrangères d'Abkhazie, Sergueï Chamba, c'est bel et bien "la déclaration d'indépendance du Kosovo qui a tout changé". Et c'est en référence directe à ce précédent kosovar que la région séparatiste a voté officiellement une motion vendredi réclamant la reconnaissance de son indépendance.
L'Abkhazie, et une autre région séparatiste pro-russe de Géorgie, l'Ossétie du Sud, ont proclamé unilatéralement leur indépendance au lendemain de la chute de l'URSS, en 1992, et l'ont défendue lors de conflits armés avec les forces géorgiennes. De facto indépendantes, elles sont soutenues par Moscou qui a attribué des passeports russes à nombre de leurs habitants mais qui, comme le reste de la communauté internationale, ne les reconnaît pas. La Russie a mis en garde contre le risque d'un effet domino de l'indépendance du Kosovo, intervenue le 17 février, mais a exclu jusqu'ici de reconnaître les deux territoires. Elle pourrait en revanche y établir des représentations diplomatiques qui aboutiraient à une reconnaissance de fait de ces territoires.
D'après agence
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