Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, lors d'un concert sur la place Rouge de Moscou, pour célébrer la victoire de Medvedev à la présidentielle, le 2 mars 2008 © TF1-LCI Le président russe Dmitri Medvedev est fan de rock. Il a récemment rencontré le groupe britannique Deep Purple à qui il a raconté ses souvenirs, de DJ notamment.
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70,22% des suffrages, après dépouillement de 99% des bulletins. Comme prévu, Dmitri Medvedev, successeur désigné de Vladimir Poutine, a très largement remporté dès le 1er tour dimanche, l'élection présidentielle en Russie. Il s'approche ainsi du score de Vladimir Poutine, élu avec 71,31% des voix lors de la présidentielle de 2003.
Depuis plusieurs mois, les 109 millions de Russes appelés aux urnes connaissaient le nom de leur nouveau président, le 3e de l'ère post-soviétique, adoubé par Vladimir Poutine. Un non suspense, au point que les deux hommes -à croire qu'ils s'étaient donnés le mot- ont préféré parler météo après avoir voté, avec tous les sous-entendus qu'on pouvait y entendre : Vladimir Poutine voyant dans "la pluie, un bon signe", son dauphin se félicitant de l'arrivée du "printemps"... Ils se sont ensuite rejoints pour déjeuner. Comme pour minimiser, déjà, le résultat de cette élection en forme de passation de pouvoir.
Le 7 mai, prise de pouvoir dans le "prolongement" de Poutine
Seule information nouvelle du jour : Medvedev, 42 ans, prendra ses fonctions le 7 mai, tandis que Poutine est appelé à une reconversion comme Premier ministre faute d'avoir pu se représenter au Kremlin. D'ici là, un remaniement ministériel est improbable, a déclaré dimanche le secrétaire général du Kremlin. Et déjà, Medvedev a déclaré que sa politique s'inscrirait dans "le prolongement direct" de la présidence de Poutine.
Avant même l'annonce des résultats définitifs, Vladimir Poutine a félicité, au cours d'un concert sur la Place rouge, son sucesseur qui à son tour a pris la parole sur la scène. Il a déclaré que la Russie avait choisi "la voie du développement pour une longue période à venir" et que "la politique du président Poutine" serait poursuivi.
Le candidat communiste porte plainte
Omniprésent à la télévision et fort du soutien de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev était crédité dans les sondages de 61% à 80% des intentions de vote dès le 1er tour. En face, ses 3 adversaires (le communiste Guennadi Ziouganov, l'ultranationaliste proche du Kremlin Vladimir Jirinovski et l'énigmatique Andreï Bogdanov qui prône l'adhésion de la Russie à l'UE) étaient réduits à la figuration.
Aussitôt les estimations connues dimanche soir, Guennadi Ziouganov, crédité de 17,2% à 19,5%, a dénoncé un scrutin "peu honnête" marqué par des "violations plus cyniques les unes que les autres". Il a annoncé qu'il allait porter plainte pour violations de la loi électorale. En attendant, son score démontre un certain raz-le-bol d'une partie de la population. Il est suivi de l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, avec de 10,5 à 11,4%, d'après les deux sondages.
Irrégularités
Les rares observateurs occidentaux qui suivent dimanche l'élection présidentielle en Russie ont exprimé leur préoccupation quant à des irrégularités dans le vote et à la campagne qui l'a précédé. Une organisation russe indépendante a en outre dit avoir déjoué des tentatives de bourrage d'urnes dans la région de Moscou avant même le début du scrutin.
En l'absence de candidat de l'opposition libérale, l'élection était qualifiée de "farce" par l'opposant et ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, qui a boycotté le scrutin. Celui-ci a été empêché dimanche d'accéder à la Place rouge au cours d'une action impromptue contre cette "farce" de la présidentielle. Quatre jeunes militants ont été arrêtés.
Une participation normale
Dans un scrutin joué d'avance, le pouvoir craignait une forte abstention qui diminuerait le poids de la victoire du successeur désigné. Même le patriarche orthodoxe russe Alexis II s'était engagé dimanche, appelant ses compatriotes à voter et à "remercier" le président sortant Vladimir Poutine pour avoir "servi avec dévouement la Russie", espérant que son successeur continuerait sa politique.
Nombre d'électeurs, résignés, étaient décidés à s'abstenir, voire à boycotter ce scrutin sans enjeu. Finalement, le taux de participation tourne autour de 64%, un taux dans la norme.
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