Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, avec Manuel Barroso, le 3 mars 2008, à Hanovre © TF1-LCILes relations entre les deux pays ne sont plus ce qu'elles étaient. Notamment à cause de la politique à adopter sur les émissions de CO2 t du projet d'Union méditerranéenne défendue par la France et critiqué par l'Allemagne. D'où ce dîner de travail, lundi soir, entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à Hanovre. Et ils sont parvenus à des compromis, ont-ils dit.
Sur l'Union pour la Méditerranée, d'abord. "Nous voulons faire évoluer le processus de Barcelone (...) Cela s'appelle Union pour la Méditerranée. Ce sera un projet des 27 membres de l'Union européenne", a déclaré la chancelière allemande. "L'Union pour la Méditerranée se fera (...) nous ferons une proposition franco-allemande au prochain Conseil européen", a renchéri le chef de l'Etat français, qui a convenu que Paris et Berlin avaient fait "un effort l'un vers l'autre".
Sarkozy : "vous êtes un modèle, on va tout faire comme vous !"
Un accord est également en vue entre les deux pays sur la question des réductions des émissions de CO2 des voitures au sein de l'UE, a annoncé Angela Merkel Un groupe de travail va être formé au niveau de la chancellerie et de l'Elysée à ce sujet, a-t-elle dit. Le président Sarkozy a parlé de son côté d'une "position commune de la France et de l'Allemagne dans les jours qui viennent."
Pourtant, rien n'était gagné : "on ne pouvait trouver positions plus différentes que celles de la France et de l'Allemagne" sur ce sujet, a-t-il dit. Berlin s'oppose violemment au projet de l'Union européenne de réductions des émissions de CO2 des voitures en fonction de leur poids, qui pénalise trop à son goût son industrie automobile, spécialiste des modèles lourds et polluants. Au grand dam de la France mais aussi de l'Italie, productrices de voitures plus légères.
Nicolas Sarkozy a en outre insisté sur la "nécessité" pour la France et l'Allemagne de "travailler ensemble" pour le bien de toute l'Union européenne, lançant en direction des Allemands : "vous êtes un modèle, on va tout faire comme vous !".
La "civilisation du numérique"
Il a aussi estimé que la "victoire commerciale" qu'est pour EADS le contrat de modernisation de la flotte d'avions ravitailleurs américains a été facilitée par l'amitié témoignée par Berlin et Paris envers les Etats-Unis.
Le président français a en outre affirmé que la France et l'Allemagne devaient "porter ensemble l'ambition de construire" la "civilisation du numérique", en inaugurant, lundi à Hanovre, avec la chancelière le Cebit, salon des nouvelles technologies. Il a déclaré qu'il voulait "renforcer" les nouvelles technologies en France "dans les années qui viennent". Avec "deux objectifs simples : que nous portions en deux ans à 70% la part des ménages français équipés d'un ordinateur (ndlr: contre 55% actuellement) et que cent pour cent des Français aient accès l'internet à haut débit fixe et mobile avant 2012", a-t-il affirmé.
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