Félicitations en chaîne pour Medvedev

le 03 mars 2008 à 11h02 , mis à jour le 03 mars 2008 à 16h03

Alors que les observateurs sont dubitatifs sur le côté démocratique de l'élection, les dirigeants occidentaux félicitent tour à tour le successeur de Poutine pour sa victoire.

Dmitri MedvedevDmitri Medvedev vote à l'élection présidentielle qui doit le consacrer, le 2 mars 2008 © TF1-LCI

La victoire de Dmitri Medvedev était sans surprise. Sans surprise également, les observateurs occidentaux qui ont assisté au scrutin soulèvent des questions sur l'état de la démocratie russe.  "Nous pensons que cette élection n'a pas été libre ni juste. Elle a reproduit la plupart des failles observées lors des élections législatives de décembre dernier", explique Andreas Gross, le chef de la délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe -l'OSCE avait pour sa part annulé sa mission de surveillance pour protester contre les restrictions imposées par Moscou.

Andreas Gross fait remarquer que les candidats n'ont pas bénéficié d'une égalité d'accès aux médias, "ce qui met en question l'équité de l'élection".  "Les résultats de l'élection présidentielle reflètent la volonté d'un électorat dont le potentiel démocratique n'a malheureusement pas été extrait", a-t-il conclu.

Sarkozy "chaleureux" ou pas ?
 
 
Si la presse européenne tient peu ou prou le même langage, les dirigeants occidentaux, "realpolitik oblige", envoient leurs félicitations à Dmitri Medvedev. Dans le courant de la matinée, Nicolas Sarkozy a ainsi été l'un des premiers à téléphoner au nouvel élu. Moscou et Paris divergent sur le contenu de la conversation. Pour Moscou, le chef de l'Etat a utilisé le terme "chaleureux", ce que dément l'Elysée. "Le président de la République l'a assuré de sa volonté d'entretenir avec lui, après sa prise de fonctions, des relations fondées sur la confiance et la franchise, et de développer les relations entre la France et la Russie", selon le communiqué signé du porte-parole de la présidence David Martinon. "Il a souligné que la France restait attentive aux transformations économiques, sociales et politiques en Russie", poursuit David Martinon,
 
Le Premier ministre britannique Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel ont également félicité Dmitri Medvedev. Le premier a indiqué qu'il le jugerait sur les "actes"". La seconde souhaite le rencontrer le plus tôt possible, avant même sa prise de fonctions en mai -une visite à Moscou est envisagée dès samedi prochain. L'UE, par la voix du président de la Commission José Manuel Barroso, a aussi "félicité" Dmitri Medvedev et a dit espéré que l'UE et la Russie allait développer leur "partenariat stratégique". Enfin, la Maison Blanche, sans utiliser le terme de "félicitations", a affirmé la volonté du président George W. Bush de travailler avec Dmitri Medvedev.

Koucher à demi-mots
   
 
A noter néanmoins qu'auparavant, Bernard Kouchner avait à demi-mots les conditions de l'élection. "Le scrutin s'est déroulé à la russe avec une victoire qui était annoncée et les deux hommes sur la Place rouge, c'était un spectacle assez édifiant de la nouvelle Russie", avait déclaré le ministre des Affaires étrangères sur France Inter. "Même si je sais qu'il n'y avait pas de vraie compétition dans cette élection, je crois qu'il est incontestable que la Russie vote très majoritairement et avec des chiffres très étonnants, pas encore staliniens mais 70% c'est pas mal. Je ne peux que constater cela", avait-t-il ajouté, de manière plus ou moins ironique.  Quand on lui demandait s'il s'agissait ou non d'une "parodie" de démocratie, le chef de la diplomatie française s'est fait plus... diplomate. "Je ne crois pas. La Russie est un régime parlementaire".

Des dizaines de manifestants interpellés à Moscou

Plusieurs dizaines de manifestants contestant l'élection à la présidence russe de Dmitri Medvedev ont été interpellés lundi à Moscou, dont le chef du parti libéral SPS Nikita Belykh. Alors que cette manifestation n'avait pas reçu d'autorisation, plus de cent policiers sont intervenus pour interpeller les manifestants au moment où ils se sont mis à déployer pancartes et drapeaux. Nombres des manifestants appréhendés l'ont été dès leur sortie du métro. Selon Garry Kasparov, l'instigateur de ces Marches du désaccord et qui se trouve à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie), son assistante Marina Litvinovitch a été interpellée à Moscou. Garry Kasparov participait à la Marche à Saint-Pétersbourg, où elle a été autorisée.


D'après agence
le 03 mars 2008 à 11:02
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8 Commentaires

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  • Français, le 03/03/2008 à 22h45

    Bel exemple de destruction massive de la démocratie au profit de la "démocrassie" prônée par la gauche française !

  • Al, le 03/03/2008 à 19h55

    A Dupont de Lyon : non pas encore la gauche n'est pas encore au pouvoir.

  • Roussel, le 03/03/2008 à 19h29

    Donnons leur sarko et envoyer nous Poutine cela serra un vrai president

  • Seb, le 03/03/2008 à 19h15

    Avant de critiquer Poutine, chèr compatriote qui restaient bien au chaud en France. J'ai eu la chance de discuter avec une étrangère russe. Et je peux vous dire que Poutine a un bilan économique extraodinaire et cela va continuer. Une petite anecdote de cette russe, elle me racontait que avant Poutine ,dans les supermaché on ne trouvait que du jus d'orange. Corruption et compagnie.. Alors Poutine fais du grand bien a La RUssie. Les puissances occidentale ,grand bien leur fasse, defende l'europe. Ils preferent une russie faible que une russie forte qui pourrait de nouveau influncer l'ukraine et les pays baltes... voila.. je ne serais sans doute pas publier. merci

  • Alain, le 03/03/2008 à 18h54

    Je préfère la démocratie russe à la dictature cubaine; y a pas photo!

  • Ophelia, le 03/03/2008 à 17h30

    M.Brown a raison ...il faut juger le nouveau Prèsident sur ses actes...

  • DUPONT, le 03/03/2008 à 11h47

    La France ferait mieux de balayer devant sa porte !

  • Al Bundy Président, le 03/03/2008 à 11h37

    La Russie a beau ne plus etre communiste, elle mettra encore du temps à s'en relever. Certaines méthodes sont encore utilisées.

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