Manifestations après l'annonce de l'indépendance du Kosovo en Serbie, le 18 février 2008L'indépendance du Kosovo continue de créer des soubresauts, cette fois au niveau le plus haut de l'Etat serbe. Le Premier ministre nationaliste serbe, Vojislav Kostunica, a dissous samedi le gouvernement et a appelé à des législatives anticipées, refusant de gérer le pays avec des partenaires pro-européens après l'indépendance du Kosovo.
L'Onu valide l'indépendance du Kosovo
La Cour internationale de justice, l'organe judiciaire des Nations unies, estime que la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo est légale. Même si cet avis n'est que consultatif, il valide de fait la sécession du Kosovo de la Serbie.
Publié le 22/07/2010
Kostunica a accusé indirectement ses partenaires de la coalition d'avoir renoncé à défendre la souveraineté de la Serbie sur le Kosovo en privilégiant le rapprochement avec les pays occidentaux, favorables à l'indépendance kosovare. "Le gouvernement serbe n'a plus de politique unifiée sur une importante question liée à l'avenir du pays : le Kosovo. Un tel gouvernement ne peut plus fonctionner", a-t-il dit. "C'est la fin du gouvernement, nous devons rendre le mandat au peuple", a-t-il ajouté en précisant qu'il proposait de convoquer des élections législatives anticipées pour le 11 mai prochain.
Grave crise depuis 3 semaines
La réunion du gouvernement pour décider de la date est prévue pour lundi. "Je respecte la position du Premier ministre" disant "qu'il n'est plus en mesure de diriger le gouvernement", et "je convoquerais des élections", a déclaré M. Tadic, estimant que des élections étaient "une façon démocratique de surmonter la crise politique" dans le pays. En vertu de la Constitution serbe, le président dissout le parlement sur proposition du gouvernement.
Cette décision du Premier ministre fait suite à une grave crise gouvernementale après la proclamation de l'indépendance du Kosovo le 17 février par les dirigeants kosovars. Après la proclamation de l'indépendance, Vojislav Kostunica, chef du Parti démocratique de Serbie (DSS), s'est en effet vivement opposé au président pro-européen Boris Tadic du Parti démocratique (DS) sur la question du rapprochement avec l'UE. Alors que Tadic souhaite accélérer l'intégration de son pays à l'Europe des 27, Kostunica estime que la Serbie ne peut accepter aucun accord avec l'UE sans "le Kosovo en tant que partie intégrante". Le DS, soutenu par la petite formation libérale G17plus, est majoritaire au sein du gouvernement.
(Avec agence)
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