La "First Lady" française avait troqué sa robe grise de l'après-midi pour un fourreau bleu marine rehaussé d'une mousseline aérienne, pour le banquet d'Etat donné par la reine à Windsor, le 26 mars 2008 © TF1-LCIDouze ans après la visite d'Etat de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy est arrivé à Londres à 12h25, heure française, pour deux jours. Accompagné de son épouse Carla, il a été accueilli à sa descente d'avion à l'aéroport d'Heathrow par le prince Charles et son épouse Camilla.
Le couple présidentiel s'est ensuite rendu au château de Windsor, dans l'ouest de la capitale britannique, où un accueil royal lui a été réservé. Nicolas et Carla Sarkozy ont ainsi effectué, séparément, dans deux carrosses, les derniers mètres avant la résidence royale, en compagnie l'un de la reine Elizabeth II et l'autre de son époux le duc d'Edimbourg. Nicolas Sarkozy fut fait Chevalier Grand Croix honoraire de l'Ordre du Bain, l'un des ordres les plus
prestigieux de la monarchie britannique.
Fastueux banquet
Autre marque rare de considération, le président français fut l'hôte d'un banquet d'Etat dans la soirée, au cérémonial rigoureux : 146 convives, une table en acajou de 60 mètres de long, un Château Margaux grand cru 61, un hymne à l'amitié franco-britannique. Au menu : filet de barbue Béatrice, noisette d'agneau Bréhan, accompagné de choux-fleurs, carottes à l'estragon et pommes Maxime, Savarin à la rhubarbe crème vanille. Le tout accompagné d'un Chassagne-Montrachet 2000 et d'un Château Margaux grand cru 1961.
Un dîner gigantesque au début duquel le président français a donné un discours, a exhortant la Grande-Bretagne à "bâtir un avenir commun" et l'engageant de nouveau à "une nouvelle fraternité politique". "Nous n'oublierons pas les innombrables sourires du peuple de
Londres, qui nous a accueillis, qui nous a encouragés", a-t-il conclu.
Leçon de style
Carla Bruni-Sarkozy et Rachida Dati, ministre de la Justice, étaient assises de part et d'autres du duc d'Edimbourg (voir la vidéo). La Première Dame avait à sa droite le Premier ministre Gordon Brown. On a pu de nouveau mesurer la cote de Carla Sarkozy au crépitement des flashes des photographes. La "First Lady" française avait troqué sa robe grise de l'après-midi pour un fourreau bleu marine rehaussé d'une mousseline aérienne. Un sans faute jusque là pour Carla Bruni-Sarkozy, comparée par la presse britannique à Jackie Kennedy.
Nicolas Sarkozy était pour sa part assis entre la souveraine, voisine du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, et Camilla, la duchesse de Cornouailles. "Dans un esprit croissant de compréhension mutuelle à tant de niveaux, nous sommes prêts à affronter les défis à venir, sachant que nous pouvons produire des résultats efficaces et durables lorsque nous travaillons ensemble", a pour sa part déclaré la souveraine britannique en portant un toast à ses hôtes leur souhaitant "a happy visit" (une agréable visite). Le couple devait ensuite passer la nuit au château.
Auparavant, autre privilège rare, Nicolas Sarkozy s'est exprimé devant les Chambres des Communes et des Lords réunies dans le cadre solennel du palais de Westminster. L'occasion de célébrer plus d'un millénaire de rivalités et d'amitié franco-britanniques dans ce "discours-cadre" de sa visite (lire notre article et voir la vidéo).
Dans l'antre des "Gunners" !
Après cette première journée plutôt protocolaire, Nicolas Sarkozy doit retrouver jeudi Gordon Brown, le Premier ministre britannique, pour les travaux pratiques de leur premier sommet bilatéral. D'abord à la résidence de son hôte au 10 Downing Street, puis dans le cadre plus inattendu de l'Emirates Stadium, le stade d'Arsenal, le plus français des clubs de football d'Outre-Manche. Dans la lignée de la "nouvelle fraternité", Paris et Londres ont promis un sommet "plein de substance". La presse britannique a ainsi déjà annoncé la signature d'un plan commun destiné à construire de nouvelles centrales nucléaires.
Après les habituelles questions bilatérales, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown aborderont la situation internationale : répression chinoise au Tibet et attitude à adopter pour les Jeux olympiques, Afghanistan où Paris devrait envoyer un millier de soldats supplémentaires, priorités de la présidence française de l'Union européenne à partir du 1er juillet. La réforme des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international ou le Conseil de sécurité de l'Onu, l'élargissement du G8 en G13 ou G14, l'immigration et la transparence des marchés financiers doivent permettre d'afficher de "très grande proximité de vues". Le chef de l'Etat souhaite également que Paris et Londres pèsent sur Washington pour faire remonter le dollar.
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