Pour accueillir ses hôtes dans son château préféré, celui de Windsor, la reine a déployé toute la pompe royale réservée aux invités de marque. © TF1-LCIDouze ans après la visite d'Etat de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy est à Londres pour deux jours. Marque rare de considération, le président français et son épouse Carla seront les hôtes de la reine Elizabeth II au château de Windsor pour une soirée et une nuit royales, avec banquet d'Etat.
Autre privilège, Nicolas Sarkozy s'exprimera devant les Chambres des Communes et des Lords réunies dans le cadre solennel du palais de Westminter (à suivre en direct sur LCI.fr à 17h). L'occasion de célébrer plus d'un millénaire de rivalités et d'amitié franco-britanniques dans ce qui sera le "discours-cadre" de sa visite.
"On a besoin de vous"
Dans un entretien enregistré mardi et diffusé mercredi à la BBC, Nicolas Sarkozy a préparé le terrain en appelant de ses voeux une "Entente amicale" avec le Royaume-Uni, qu'il invite à travailler "main dans la main" avec la France et à poser "les deux pieds en Europe". "L'Entente cordiale, moi je suis pour l'Entente amicale. La cordialité, cela ne suffit pas. Je veux parler aux Anglais de l'amitié", affirme le chef de l'Etat. "L'économie, l'immigration, la sécurité, la défense, oui, j'ai l'ambition de travailler avec les Anglais, main dans la main, contre personne. Cela ne remet pas en cause la nécessité d'un axe Paris-Berlin. Cela la complète, voilà la vérité des choses", ajoute-t-il.
Le rôle du Royaume-Uni en Europe semble tenir beaucoup à cœur du chef de l'Etat. "J'ai toujours pensé que l'Europe avait besoin du Royaume-Uni", insiste-t-il , en exhortant le Premier ministre Gordon Brown, plutôt eurosceptique, à progresser plus avant sur le chemin de l'Europe. "Moi, je dis mettez-vous à l'intérieur de l'Europe, on a besoin de vous, on a besoin de votre force, on a besoin de votre potentiel, on a besoin de votre dynamisme", conclut le locataire de l'Elysée.
Dans l'antre des "Gunners" !
Après une première journée plutôt protocolaire, Nicolas Sarkozy retrouvera demain Gordon Brown pour les travaux pratiques de leur premier sommet bilatéral. D'abord à la résidence de son hôte au 10 Downing Street, puis dans le cadre plus inattendu de l'Emirates Stadium, le stade d'Arsenal, le plus français des clubs de football d'Outre-Manche. Dans la lignée de la "nouvelle fraternité", Paris et Londres ont promis un sommet "plein de substance". La presse britannique a ainsi déjà annoncé la signature d'un plan commun destiné à construire de nouvelles centrales nucléaires.
Après les habituelles questions bilatérales, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown aborderont la situation internationale : répression chinoise au Tibet et attitude à adopter pour les Jeux olympiques, Afghanistan où Paris devrait envoyer un millier de soldats supplémentaires, priorités de la présidence française de l'Union européenne à partir du 1er juillet. La réforme des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international ou le Conseil de sécurité de l'Onu, l'élargissement du G8 en G13 ou G14, l'immigration et la transparence des marchés financiers doivent permettre d'afficher de "très grande proximité de vues". Le chef de l'Etat souhaite également que Paris et Londres pèsent sur Washington pour faire remonter le dollar.
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