Où sont retenus les touristes autrichiens ?

le 20 mars 2008 à 16h20 , mis à jour le 20 mars 2008 à 16h34

Selon un chef touareg rebelle, les otages enlevés le 22 février par Al-Qaïda au Maghreb seraient dans la région de Tombouctou.

L'ultimatum d'Al Qaïda à l'Autriche sur le dite de l'un des principaux médias autrichiens, "Die Presse" (14 mars 2008)L'ultimatum d'Al Qaïda à l'Autriche sur le dite de l'un des principaux médias autrichiens, "Die Presse" (14 mars 2008) © Die Presse

Les deux otages autrichiens enlevés le mois derniers par la branche du Maghreb d'Al-Qaïda alors qu'ils voyageaient dans le Sud tunisien, sont probablement retenus dans la région de Tombouctou dans le nord du Mali, selon un chef touareg rebelle interrogé par le magazine profil. "C'est dans cette région que le chef du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat, rallié à Al-Qaïda depuis 2006) Mokhtar Belmokhtar a trouvé refuge depuis quelques années parmi les tribus arabes", a affirmé le chef touareg.

Wolfgang Ebner, 51 ans, et Andrea Kloiber, 44 ans, ont été enlevés le 22 février alors qu'ils circulaient dans le sud de la Tunisie et auraient été conduits par leur ravisseurs d'Al-Qaïda dans le nord malien, selon les sources concordantes mais sans confirmation officielle des autorités maliennes. Jusqu'à présent on estimait que les deux Autrichiens étaient retenus par leur ravisseurs dans la région de Kidal, environ à 450 km au nord-est de Tombouctou, sans que cette information ait été confirmée officiellement.

Le versement d'une rançon vraisemblable

Hassan Fagaga, déserteur de l'armée régulière du Mali depuis 2006, a également estimé qu'une rançon sera vraisemblablement payée en échange de la libération des deux otages même si le gouvernement autrichien a toujours refusé officiellement cette option. "Si l'on ne réussit pas à libérer les otages par la force - ce que j'estime difficile car il y a de nombreux indices que l'enlèvement a été bien préparé - l'expérience de la prise d'otages de 2003 nous montre que les Etats acceptent finalement de payer une rançon même s'ils commencent par affirmer le contraire", a affirmé Hassan Fagaga. Selon la presse autrichienne les ravisseurs auraient réclamé une rançon de 5 millions d'euros d'ici dimanche prochain. Ce versement peut être effectué, selon le rebelle touareg, "par le biais d'un riche dignitaire, une fondation comme celle du fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi ou quelqu'un d'autre".

Il y a cinq ans 32 Européens, y compris dix Autrichiens, avaient été enlevés dans le Sahara et relâché après plusieurs mois de négociation et le versement d'une rançon de près de 5 millions d'euros par l'Allemagne. La Fondation Khadafi, créée par le fils du dirigeant Seif El-Islam, avait joué un rôle important dans le dénouvement de cette affaire comme dans celles d'autres prises d'otages dans la région. De même, le leader politique du groupe des Touaregs rebelles dirigés militairement par Hassan Fagaga, Iyad Ghali, était intervenu activement comme intermédiaire dans la libération des 32 otages européens en 2003 et avait remis la rançon aux ravisseurs.

D'après agence

le 20 mars 2008 à 16:20
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