© TF1-LCIIl s'agit des heurts les plus violents entre forces internationales et manifestants serbes depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo le 17 février. Ils sont un défi majeur pour l'Alliance, les Nations unies et la balbutiante Mission de justice et de police de l'Union européenne dans l'ancienne province serbe. Des policiers de l'ONU et des soldats français de la Kfor, la force de l'Otan, ont essuyé lundi des tirs d'armes automatiques.
Bilan : 20 soldats français ont été blessés, dont 8 ont été transférés à l'hôpital, l'état-major des armées à Paris, ainsi que 63 policiers de de la Mission de l'ONU au Kosovo (Minuk), 8 soldats de la Kfor et 80 Serbes. Ces violences ont fait suite à une opération de police pour déloger des Serbes qui occupaient depuis vendredi deux tribunaux de l'ONU. L'état-major français a indiqué que les militaires français de la Kfor avaient ouvert le feu en riposte à des tirs.
Onze soldats français blessés lundi à Mitrovica lors de ces affrontements seront rapatriés ce mardi par avion militaire pour être hospitalisés en région parisienne. Ces onze soldats dont l'état de santé est stable et qui souffrent de blessures par éclats et armes légères seront accueillis à Orly vers 20h30 par Hervé Morin, le ministre de la défense. Issus du 35e Régiment d'infanterie de Belfort, ils seront transférés dans les hôpitaux militaires Bégin, Percy et du Val-de-Grâce, à Paris et dans sa proche banlieue. Certains ont déjà subi des interventions chirurgicales.
L'Otan "répondra fermement"
Face à cette situation, la police de l'ONU s'est retirée du nord serbe de Mitrovica, la ville ethniquement divisée du nord du Kosovo et dont le sud-est albanais. La force de l'OTAN (Kfor) qui assure la sécurité sur tout le territoire du Kosovo depuis la fin de la guerre de 1998-1999 est toutefois restée dans la partie nord de Mitrovica. Le président serbe Boris Tadic a appelé la police de l'ONU et la force de l'OTAN au Kosovo à ne pas utiliser la force.
Mais l'Otan a promis de répondre par la fermeté à ces violents incidents condamnés largement sur la scène internationale, à l'exception de Moscou qui a demandé de nouveau qu'on réexaminer la question kosovare. L'ambassadeur de Russie auprès de l'Otan a reproché à l'Alliance atlantique d'avoir usé d'une "force disproportionnée" pour évacuer les manifestants serbes et a averti des risques d'escalade. La Serbie a pour sa part accusé l'Onu et l'Otan d'avoir fait preuve de brutalité dans son opération de reprise en main du tribunal de l'Onu de Mitrovica occupé, tandis que le Premier ministre du Kosovo a accusé Belgrade d'"inspirer la violence" au Kosovo. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de son côté déploré ces attaques contre les policiers de l'ONU et appelé au calme et à la retenue.
Lors des affrontements, policiers onusiens -majoritairement ukrainiens et polonais- et soldats français de la Kfor ont tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de contenir les manifestants qui leur lançaient des pierres et des pétards. Des véhicules ont été incendiés et plusieurs policiers et soldats ont été blessés dans une explosion.
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