Berlusconi donnant le coup d'envoi de sa campagne électorale (9 février 2008) © TF1/LCIContrairement à ses habitudes et aux campagnes précédentes, Silvio Berlusconi avait évité les dérapages verbaux avant les législatives qui se déroulent dimanche et lundi. Il s'était contenté de seulement quelques blagues plus ou moins de mauvais goût.
A quelques jours du scrutin, alors que les derniers sondages publiés la semaine dernière -ils sont interdits quinze jours avant le vote- lui donnaient entre cinq et neuf points d'avance face à la gauche menée par Walter Veltroni, il semble avoir changé de stratégie. Il s'est en effet livré à des attaques tous azimuts contre son adversaire et ses vieux ennemis de toujours, les magistrats.
Tests mentaux pour les juges
Mercredi, "Il Cavaliere" a ainsi a appelé Veltroni "à s'engager à ce que la gauche n'utilise pas les bulletins blancs pour se livrer à des fraudes, directement inspirées de l'école de Frattocchie" -là où étaient formés les cadres du Parti communiste italien, dont est issu Walter Veltroni. "Des fraudes qui ont permis à la gauche de l'emporter grâce à une poignée de voix", a-t-il accusé sur la chaîne La7, faisant allusion aux 25.000 voix qui ont donné la victoire à la coalition de Romano Prodi à la Chambre des députés en 2006, un succès que le "Cavaliere" n'a jamais digéré alors que des fraudes n'ont jamais été prouvées. Réplique de Walter Veltroni : "Berlusconi en est toujours aux fraudes et au communisme".
L'ex-chef du gouvernement, plusieurs fois inculpé mais jamais condamné définitivement, s'en est aussi pris à ses vieux ennemis, les juges, qu'il soupçonne d'être en majorité acquis à la gauche. Les procureurs devraient "être régulièrement soumis à des examens qui attestent de leur santé mentale", a-t-il lancé. Face au tollé, il a tenu à préciser que sa proposition visait la mise en place de "tests psychologiques et comportementaux, comme ceux exigés pour beaucoup d'autres professions, par exemple les pilotes".
"Ce sont des commentaires de fous, dans le sens où seul un fou peut dire ce genre de choses. Et je ne comprends pas pourquoi il veut limiter ces examens sur la santé mentale aux procureurs et ne pas les étendre aussi aux juges et à ceux qui veulent être chefs du gouvernement", a vivement réagi Antonio Di Pietro, ministre des Infrastructures et ancien magistrat anti-corruption.
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