Silvio Berlusconi © TF1/LCISilvio Berlusconi revient donc au pouvoir en Italie, et avec une majorité plus forte que prévue, puisqu'il remporte à la fois les deux chambres du Parlement. Ce qui marque la réussite de sa stratégie tissée autour du Peuple de la liberté (PDL), la nouvelle alliance de centre droit du "Cavaliere". Le dépouillement se poursuivait toujours aux premières heures de mardi, mais le ministère de l'Intérieur a publié des résultats partiels, portant sur la très grande majorité des bureaux de vote et laissant apparaître que le centre droit recueille autour de 47% des suffrages. Le centre-gauche, quant à lui, obtient autour de 38%, aussi son chef de file, Walter Veltroni, a-t-il reconnu dès lundi soir sa défaite. "J'ai appelé le dirigeant du Peuple de la liberté, Silvio Berlusconi, afin de reconnaître sa victoire et lui souhaiter bonne chance dans ses fonctions", a dit l'ancien maire de Rome. Le vainqueur a déjà reçu les félicitation de Nicolas Sarkozy, qui a annoncé sa volonté d'engager "une concertation très étroite" entre la France et l'Italie.
D'après les projections, Berlusconi disposerait d'une majorité de 99 sièges à la Chambre des députés qui en compte 630, et d'une majorité pouvant aller jusqu'à 30 sièges au Sénat, qui regroupe 315 membres élus et sept sénateurs à vie. Battu sans ambiguïté, le centre gauche craint désormais que le pire soit encore à venir. Berlusconi est devenu la hantise de la gauche : le milliardaire conservateur, qui revient au pouvoir pour la troisième fois, a fait preuve d'une capacité rare, en Italie, à rester au pouvoir pendant la totalité d'un mandat législatif, cinq ans, de 2001 à 2006. Ses opposants craignent que, fort d'une majorité claire et nette dans les deux chambres du parlement, il ne réitère l'exploit. Dans un pays où, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la durée de vie moyenne d'un gouvernement n'a été que d'un an, le centre-gauche redoute d'entamer une traversée du désert qui ne prendra pas fin avant au moins 2013.
Les dossiers chauds qui attendent le gouvernement Berlusconi
Berlusconi, qui a dirigé le pays durant sept mois en 1994 et de nouveau entre 2001 et 2006, n'a pas lésiné sur les promesses durant la campagne électorale, s'engageant à réduire la dette publique, à diminuer les impôts et à libéraliser le secteur hautement régulé des services. Lundi soir, s'exprimant sur la télévision publique, il a affirmé d'emblée que son gouvernement servirait un mandat plein de cinq ans et ajouté que l'Italie se préparait "à des mois difficiles". Au menu : le dossier de la vente d'Alitalia et la crise des ordures à Naples. S'il n'a pas été explicite sur le cas Alitalia, Berlusconi n'avait pas fait mystère avant sa victoire de son hostilité à l'éventualité de voir la compagnie italienne reprise par Air France-KLM. En ce qui concerne Naples, dossier récurrent, elle est confrontée à des dizaines de milliers de tonnes d'ordures qui s'amoncellent dans les rues et dans les environs depuis que les décharges officielles ont été déclarées pleines.
La prochaine étape après ce scrutin aura lieu le 29 avril : le nouveau parlement se réunira alors pour la première fois. Il devrait lui falloir plusieurs jours pour choisir un président à la tête de chaque chambre et de chaque commission parlementaire. En mai, le président italien, Giorgio Napolitano, devrait mener des consultations avec les dirigeants du parlement et des partis politiques pour s'assurer que Berlusconi est bien soutenu par une majorité. Le résultat du scrutin semblant net, cela devrait se faire rapidement. Puis il demandera à Berlusconi de lui présenter la liste des membres de son gouvernement. Enfin, probablement vers le 9 mai, Berlusconi et ses ministres se rendront au palais du Quirinal (la présidence) pour la cérémonie d'investiture. Jusqu'à ce moment-là, le président du Conseil sortant, Romano Prodi, gèrera les affaires courantes.
D'après agence
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