Des ordures à Naples © TF1/LCIComme il l'avait indiqué pendant la campagne électorale, Silvio Berlusconi organise mercredi le premier conseil des ministres de son gouvernement non pas à Rome mais à Naples. Le choix, évidemment symbolique, est destiné à illustrer sa volonté de résoudre la crise des ordures qui a nui au prestige du pays dans le monde entier.
"Personne n'a de baguette magique, le problème est sérieux. La population a de grandes attentes, mais je ne vais pas la décevoir", a promis le nouveau Premier ministre, qui aura beau jeu de faire remarquer que ni la municipalité, gérée par la gauche, ni l'ancien gouvernement n'ont trouvé de solution -la crise dure, de manière plus ou moins aiguë, au total depuis 14 ans !
Les pompiers pris pour cible
Le moment est crucial : après un premier conflit en janvier, les habitants de Naples, excédés, ont profité de ce Conseil des ministres pour de nouveau attirer la situation sur eux. Ce week-end, ils ont incendié volontairement des tas de déchets ou attaqué les pompiers à coups de pierre. Même si leur colère s'est apaisée après le nettoyage du centre historique, la périphérie reste toujours envahie par des montagnes de déchets.
Selon le quotidien des milieux d'affaires, Il Sole-24 Ore, le gouvernement devrait annoncer un raccourcissement des procédures pour construire des incinérateurs, l'utilisation de terrains militaires supplémentaires comme décharges et la nomination d'un secrétaire d'Etat délégué, uniquement chargé du problème.
La mafia contre une solution
Jusqu'à présent, les plans d'urgence adoptés à la fin janvier lors de la précédente crise par le gouvernement Prodi n'ont pas eu les effets escomptés. Sans collecte différenciée, les rares décharges non saturées encore en activité en Campanie ne peuvent accueillir légalement les déchets. Des décisions de justice interdisent régulièrement aux autorités locales de rouvrir des décharges parce que la croissance anarchique immobilière de Naples les ont placées peu à peu au cœur de quartiers défavorisés.
Dans d'autres cas, ce sont des associations de défense de l'environnement ou de riverains qui s'opposent, parfois par la force, à la réouverture d'anciens sites de stockages ou aux travaux préparatoires à la construction d'usines d'incinération. L'envoi des déchets par trains spéciaux vers des usines allemandes ou par bateau vers d'autres régions d'Italie ne concerne pas des quantités suffisantes pour résoudre le problème. Enfin la camorra, la mafia napolitaine, est régulièrement accusée par les autorités de travailler en sous-main pour empêcher toute solution de la crise de façon à pouvoir exploiter pour son compte le juteux marché de l'élimination des déchets.
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