Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien, lors de sa prestation de serment le 8 mai 2008 © TF1/LCI"Le gouvernement-éclair de Berlusconi." C'est ainsi que le quotidien La Stampa qualifiait le nouveau gouvernement présenté par Silvio Berlusconi mercredi soir, un peu plus de trois semaines après la victoire de son parti aux élections législatives. Jeudi, le nouveau chef du gouvernement italien, accompagné de ses 21 ministres, a prêté serment devant le président de la République Giorgio Napolitano. Le nouveau gouvernement se présentera ensuite présenté mardi devant la Chambre des députés pour le vote de confiance qui devrait intervenir mercredi dans la journée, puis jeudi au Sénat.
D'ores et déjà, le nouveau chef du gouvernement a annoncé aux Italiens des années difficiles, soulignant la nécessité de mener des réformes impopulaires pour éviter au pays la récession. "Nous avons cent jours pour ne pas décevoir ceux qui ont placé leur confiance en nous et cinq années pour changer et moderniser le pays", a-t-il dit à La Stampa. Le nouveau chef du gouvernement a promis de lutter contre la criminalité et l'immigration illégale et s'est engagé à mettre fin au scandale des déchets dans la région de Naples. Autre dossier en tête de son ordre du jour, l'avenir de la compagnie aérienne nationale Alitalia, à la recherche d'un repreneur pour éviter la faillite.
Un gouvernement réduit
Pour mener sa politique, Silvio Berlusconi a choisi une équipe très réduite : douze ministres titulaires et neuf autres sans portefeuille. Parmi eux, plusieurs membres de l'Alliance nationale post-fasciste et de la Ligue du Nord anti-immigration, ce qui laisse présager un renforcement des lois sécuritaires. Pour le journal de gauche La Repubblica, c'est "un homme seul qui est aux commandes" avec "un gouvernement taillé sur mesure sans personnalités d'envergure". Les deux principaux ministres, celui des Affaires étrangères Franco Frattini, ex-commissaire européen à la Justice, et de l'Economie, Giulio Tremonti, doivent largement leur carrière au Cavaliere et ont déjà occupé les mêmes postes auprès de lui dans son précédent gouvernement, entre 2001 et 2006.
"L'ample victoire des législatives et une opposition déchirée offre à Berlusconi, qui a formé un gouvernement à son image, des marges de manoeuvre quasi-illimitées. Cette fois-ci, il n'aura aucune circonstance atténuante car il ne pourra pas rejeter la responsabilité d'un éventuel échec sur des alliés récalcitrants", souligne l'éditorialiste du Corriere della Sera. A la veille de son départ, le ministre de l'Economie sortant Tommaso Padoa-Schioppa avait toutefois averti que l'Italie, en panne de croissance et l'un des pays les plus endettés d'Europe, aurait encore besoin de 10 ans d'efforts pour assainir ses finances.
(D'après agence)
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