Cinq personnes, dont un Français, mises en examen

le 25 mai 2008 à 14h18 , mis à jour le 25 mai 2008 à 14h24

Les quatre dirigeants présumés de l'ETA et le Français, un sympathisant, avaient été interpellées dans la semaine à Bordeaux et Bayonne.

ETA BordeauxLes membres présumés d'ETA lors de la perquisition dans un appartement de Bordeaux © TF1/LCI

Quatre dirigeants présumés de l'ETA, dont le chef présumé de l'organisation indépendantiste basque armée, ainsi qu'un Français, sympathisant présumé du mouvement, ont été mis en examen samedi soir à Paris par des juges antiterroristes, a annoncé dimanche une source judiciaire. Les quatre etarras présumés ont été placés en détention provisoire par un juge les libertés et de la détention, conformément aux réquisitions du parquet. Le Français a lui été remis en liberté sous contrôle judiciaire par les juges alors que le parquet avait également requis son placement en détention.

Ces cinq personnes, quatre hommes et une femme, qui avaient été interpellées dans la semaine à Bordeaux et Bayonne, ont été mises en examen par les juges Laurence Le Vert et Yves Jannier pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme". Les quatre etarras présumés sont également mis en cause notamment pour "recel de vols", "extorsions", "détention d'armes, de munitions et de substances ou produits incendiaires ou explosifs (...) destinés à entrer dans la composition d'engins explosifs", le tout en bande organisée. Ces infractions sont passibles au maximum de 30 années de réclusion criminelle.

Le processus de paix torpillé

Parmi eux figurent Javier Lopez Peña, dit "Thierry", 49 ans, considéré par Madrid comme "la personne qui a le plus de poids" au sein de l'ETA où il serait le tenant d'une ligne dure. L'homme aurait pris la direction de l'organisation armée en 2006, pendant les négociations manquées de l'ETA avec le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Zapatero, auxquelles il aurait personnellement participé, selon des sources antiterroristes espagnoles citées par les médias. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir torpillé le "processus de paix", notamment en commanditant l'attentat spectaculaire de décembre 2006 à l'aéroport de Madrid par lequel l'ETA avait de facto rompu son "cessez-le-feu permanent" décrété en mars de la même année.

Selon le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, les quatre etarras seraient responsables des derniers attentats meurtriers commis en Espagne. La dernière personne mise en examen est un Français de 75 ans, sympathisant présumé d'ETA. Il avait été interpellé mercredi matin à Bayonne pour avoir loué l'appartement de Bordeaux où les quatre activistes présumés ont été arrêtés mardi soir. Placés en garde à vue après leurs interpellations, les cinq suspects avaient été transférés vendredi par avion à Paris et conduits dans les locaux de la sous-direction antiterroriste à Levallois-Perret en attendant d'être présentés à la justice.

Lors des interpellations, un "important matériel informatique" a été saisi dans l'appartement, selon le ministre espagnol de l'Intérieur. Les policiers y ont également découvert quatre armes de poing et, à proximité, deux véhicules volés portant de fausses plaques d'immatriculation.

(D'après agence)

le 25 mai 2008 à 14:18
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