© AFPLa cérémonie a été fastueuse et solennelle. Devant 2400 invités triés sur le volet, Vladimir Poutine a officiellement passé la main mercredi matin à Dmitri Medvedev, qui devient le troisième président de Russie. Le nouveau président, 42 ans, a juré, la main droite sur la Constitution, de "défendre les libertés" en Russie et de "servir fidèlement le peuple", sous le regard de son mentor.
Dmitri Medvedev a ensuite déclaré qu'il aurait comme priorité la poursuite du "développement des libertés civiques et économiques", tout en disant compter sur "le soutien" de son prédécesseur, qui a été proposé au Parlement comme Premier ministre quelques heures après la cérémonie. "Je ferai tout pour que la sécurité de nos citoyens soit non seulement garantie par la loi, mais assurée réellement par l'Etat", a dit le nouveau chef de l'Etat. "Ces dernières années, nous avons créé une base solide pour le développement continu (du pays), pour des décennies du développement libre et stable. Nous devons surmonter le nihilisme juridique qui freine le développement moderne", a-t-il ajouté.
Des objectifs pour 20 à 30 ans
Vladimir Poutine, qui a pris la parole juste avant lui, a quant à lui estimé que la Russie avait réalisé "une percée" pendant ses huit ans de présidence et souhaité "bonne chance" à celui qu'il a lui-même choisi pour lui succéder. "Le devoir de prendre soin de la Russie a été et reste mon devoir suprême. Je l'ai accompli toutes ces années et je l'accomplirai toujours", a déclaré le président sortant. "Il y a eu des erreurs, mais nous avons réussi à réaliser une percée. Désormais nous nous fixons des objectifs non pour deux ou trois mois à venir, mais pour 20-30 ans. Et ces objectifs sont à notre portée", a-t-il insisté.
Suivant un cérémonial parfaitement réglé, le nouveau président de Russie Dmitri Medvedev est arrivé jusqu'avant 12h locales au Kremlin, sa limousine encadrée d'une escorte de neuf motos, après avoir emprunté plusieurs grandes artères de la capitale. A 12h sonnantes, il entrait dans le Grand Palais du Kremlin, avant de remonter solennellement le grand escalier d'honneur, avec le même faste que pour Vladimir Poutine en 2000, dont les images, dignes d'un sacre, avaient alors fait le tour du monde. Une double porte dorée s'est alors ouverte sur le nouveau président qui a poursuivi son chemin sur un interminable tapis rouge jusqu'à la salle André où l'attendaient Vladimir Poutine et les chefs du pouvoir législatif et le président de la Cour constitutionnelle.
Kouchner : "sans aucun doute, une démocratie" |
La Russie est sans "aucun doute" une démocratie, et le nouveau président a été "magnifiquement élu", a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "Souvenez-vous un petit peu, il y a 20 ans, c'était le coeur du communisme : que de transformations ! Personne ne s'en souvient, personne ne l'apprécie suffisamment", a déclaré Bernard Kouchner sur France Inter. "Evidemment ce n'est pas parfait, loin de là, et certainement dans le domaine des droits de l'homme ça ne l'est pas", a-t-il ajouté, citant "l'attitude de M. Poutine devant (l'opposant et ex-champion du monde d'échecs Garry) Kasparov, qui n'est vraiment pas une bonne attitude, c'est le moins qu'on puisse dire". Le discours du nouveau président "témoigne d'ouverture par rapport à une certaine inflexibilité de M. Poutine", mais la question reste ouverte de savoir "quelle sera la répartition des réalités du pouvoir" entre les deux hommes, a-t-il ajouté. |
D'après agence
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