Josef Fritzl © TF1/LCIJosef Fritzl ne veut pas de l'image que donnent de lui les médias, depuis la découverte du drame d'Amstetten. Et il se défend par l'intermédiaire de son avocat. Celui-ci a transmis un message de son client au quotidien Österreich : "Je ne suis pas un monstre. J'aurais pu tous les tuer et il ne se serait rien passé et on ne l'aurait jamais su". Le suspect avait avoué le 28 avril, au surlendemain de la découverte du drame à Amstetten, avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans dans sa cave, viols dont sont issus sept enfants dont l'un est décédé peu après la naissance.
Toujours selon Me Mayer, un avocat réputé pour la défense des cas particulièrement médiatisés en Autriche, Josef Fritzl a insisté sur le fait que c'est lui qui avait accepté de faire hospitaliser, le 19 avril dans un état critique, l'aînée des enfants nés de l'inceste et âgée de 19 ans. Cette hospitalisation avait permis de révéler le drame, les médecins ayant lancé un appel à la télévision pour entrer en contact avec la mère de la jeune fille souffrant d'un mal mystérieux. La jeune Kerstin n'avait jamais vu la lumière du jour et végétait depuis sa naissance dans la cave avec sa mère et deux de ses frères de 18 et 5 ans, séquestrés par leur père et, à la fois, grand-père. "Sans moi, Kerstin ne serait plus en vie", a affirmé Fritzl cité par son avocat dans le journal.
L'onde de choc politique de l'affaire d'Amstetten
Ces faits n'ont cependant pas été évoqués au cours de la première audition de Josef Fritzl par le procureur Christiane Burkheiser. Pendant cette prise de contact, Fritzl s'est dit "prêt à coopérer et à prendre position sur les faits qu'on lui reproche", selon le porte-parole du parquet. L'entretien entre Fritzl et le jeune procureur a duré environ une heure trente dans un local isolé de la maison d'arrêt de Sankt Pölten, où il est placé en détention provisoire. Il a essentiellement porté, selon le parquet, sur "les éléments biographiques personnels ainsi que la carrière professionnelle" du suspect. Seul un greffier a assisté à cette rencontre qui devait permettre à la représentante du parquet de se faire une image de la personnalité du suspect. Il ne devrait désormais pas y avoir d'autre audition dans les deux semaines à venir, le parquet attendant d'avoir les rapports des enquêteurs.
Depuis ses aveux en garde à vue, Fritzl avait jusqu'à présent gardé le silence sur les conseils de son avocat, qui a par ailleurs annoncé son intention de plaider l'irresponsabilité pénale de son client pour lui éviter de finir ses jours en prison. Il encourt la prison à perpétuité si l'homicide par négligence du nourrisson, mort en 1996 peu après sa naissance dans la cave, est prouvé. Sans cela il n'encourt que 15 ans de prison pour viols suivis de grossesses ou 10 ans pour séquestration. Ces peines ne s'additionnent pas.
L'opposition d'extrême droite au Parlement autrichien, qui réclame un allongement des peines pour ce genre de cas, voire une castration chimique pour les délinquants sexuels pédophiles, a déposé mercredi une motion de censure contre le ministre de la Justice, Maria Berger, qui n'a pourtant aucune chance d'être votée. Par ailleurs, le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer a annoncé plusieurs mesures qui visent à renforcer la lutte contre les crimes sexuels. Les délais pour l'effacement des peines pour crimes et délits sexuels dans les casiers judiciaires devraient "être prolongés et il faut pouvoir interdire aux délinquants sexuels d'exercer certaines professions", qui les mettraient en contact avec des enfants, a indiqué le chancelier.
D'après agence
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Natascha Kampusch, la jeune Autrichienne qui fut-elle même enlevée et séquestrée dans une cave par un déséquilibré pendant huit ans entre 1998 et 2006, a analysé le drame d'Amstetten dans un entretien à France info. "Je pense que cela peut avoir un lien avec lenational-socialisme, avec les méthodes éducatives de l'époque et leurs conséquences", a-t-elle commenté. "Les gens qui ont participé autrefois au national-socialisme ne sont sûrement pas devenus des parents exemplaires, d'abord parce que c'est la violence qui prédominait, ensuite parce beaucoup de gens sont rentrés perturbés de la guerre", a-t-elle ajouté. Elle pense que Josef Fritzl peut avoir souffert du climat de son enfance : "J'imagine qu'il était dans les Jeunesses hitlériennes, qu'il a été humilié durant son enfance, qu'il n'a pu s'en sortir qu'en compensant avec une forme de mégalomanie". |
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