A Belgrade, lors des élections législatives © DRLa Serbie vote ce dimanche à l'occasion de législatives cruciales pour son avenir et qui s'annoncent très serrées entre pro-européens et ultra-nationalistes eurosceptiques. Selon les derniers sondages, l'alliance pro-européenne rassemblée autour du Parti démocrate (DS) du président Boris Tadic, créditée de 33% des intentions de vote, est devancée d'un petit point par les ultra-nationalistes du Parti radical serbe (SRS).
Les élections ont été convoquées pour résoudre la crise politique que la Serbie traverse depuis mars en raison de profondes divergences entre pro-européens et nationalistes sur les relations avec l'UE après l'indépendance du Kosovo proclamée le 17 février. Le Premier ministre nationaliste, Vojislav Kostunica, a en effet rompu il y a deux mois son alliance avec les pro-européens restés favorables au rapprochement avec l'UE malgré le soutien de Bruxelles à l'indépendance du Kosovo, même s'ils y sont eux aussi opposés. Les nationalistes ont largement profité de l'amertume que l'indépendance du Kosovo a provoquée chez de nombreux Serbes qui le considèrent comme le berceau historique de leur pays.
Les Serbes du Kosovo pourront voter
Les autorités de Belgrade ont fait en sorte que les 120.000 Serbes du Kosovo, résidant aussi bien dans le nord que dans différentes enclaves, puissent voter pour ces élections législatives. Une manière de rappeler que pour Belgrade, le Kosovo fait toujours partie de la Serbie. Cette mesure de défi à la communauté internationale suscite bien évidemment la colère des autorités kosovares mais aussi de la Mission de l'Onu, qui administre le Kosovo depuis la fin du conflit de 1998-99 entre forces serbes et séparatistes albanais. Pour elles, un tel scrutin est tout simplement illégal.
L'UE, qui suit le vote avec une attention particulière, n'a pas écarté d'avoir à dialoguer avec les ultra-nationalistes, une fois connu le choix des électeurs. Si les Serbes "élisent le Parti radical, nous parlerons avec ceux choisis pour représenter le peuple serbe", a indiqué le ministre slovène des Affaires étrangères Dimitrij Rupel, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. Mais dans tous les cas, la formation d'un gouvernement devrait donner lieu à de longues discussions dans lesquelles de petites formations pourraient jouer un rôle décisif.
Parmi elles, l'ancien parti de Slobodan Milosevic. Décimé après la chute du leader serbe en 2000, le Parti socialiste (SPS), crédité de 7% des voix lors de ce scrutin, a l'occasion de jouer un rôle d'arbitre. Tout comme les nationalistes, le SPS n'accepte l'intégration à l'Union européenne que si le Kosovo revient à son statut de province serbe. Mais contrairement à eux, il n'a pas qualifié de "trahison" la signature le 29 avril à Luxembourg, de l'Accord de stabilisation et d'association avec l'UE.
D'après agence
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