Bruxelles s'alarme des violences à Skopje

le 01 juin 2008 à 17h59 , mis à jour le 02 juin 2008 à 10h07

Les législatives en Macédoine, convoquées après l'échec de la candidature du pays à l'Otan en raison du veto grec, ont été marquées par des fusillades.

TF1/LCI : Un électeur mettant son bulletin dans l'urneLa participation, un "enjeu majeur" pour Moscovici. © TF1/LCI

La tenue dimanche en Macédoine des législatives anticipées a été marquée par des incidents violents qui ont fait un mort et neuf blessés dans des zones à population albanaise. Une patrouille de police a essuyé des tirs à Aracinovo, un village albanais à 10 km au nord de Skopje, qui ont fait un mort et deux blessés. Et à Skopje, dans un quartier à majorité albanaise, des sympathisants de partis rivaux ont échangé des tirs faisant cinq blessés. Le scrutin était pourtant considéré comme un test de la maturité politique du pays, candidat à l'adhésion à l'Union européenne depuis 2005.

Le Premier ministre sortant Nikola Gruevski a convoqué ces législatives anticipées après l'échec de la candidature de la Macédoine à l'Otan en raison d'un veto grec lié au différend entre Athènes et Skopje sur le nom de l'ex-république yougoslave. Son parti, le VMRO-DPMNE (conservateur), crédité de plus de 30% des intentions de vote, a revendiqué dimanche soir la majorité absolue à l'issue du scrutin, objectif qu'il s'était fixé pour pouvoir mettre en oeuvre les réformes demandées par Bruxelles avant les négociations d'adhésion à l'UE.

Menaces sur l'adhésion de la Macédoine à l'UE

Mais en plein scrutin, et alors que la recherche d'un compromis avec la Grèce sur le nom de la Macédoine sera une des tâches prioritaires du prochain gouvernement, les violences de ce dimanche sont venues rappeler les tensions inhérentes au pays. Les Albanais de Macédoine représentent environ 25 % de la population. En 2001, une rébellion albanaise avait mis la Macédoine au bord de la guerre civile. Celle ci avait été évitée grâce aux accords d'Ohrid signés la même année sous l'impulsion de la communauté internationale. Un contexte expliquant la réaction immédiate de la Commission européenne : elle s'est dite "très préoccupée" par ces violences et a "appelé au calme et à la retenue", alors que Bruxelles doit décider dans les prochains mois d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion à l'UE avec Skpoje. Le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, allant plus loin dimanche en soirée, a réclamé qu'un nouveau scrutin soit organisé dans les bureaux de vote qui avaient connu des incidents.

Dans le passé, la Commission européenne a dit plusieurs fois que si le gouvernement macédonien poursuivait les réformes, elle espérait pouvoir recommander en novembre l'ouverture formelle de négociations d'adhésion, qui peuvent prendre ensuite plusieurs années.
Mais après des incidents survenus déjà durant la campagne pour les élections législatives, Bruxelles a prévenu le pays que la tenue d'élections équitables était "un critère essentiel pour l'appartenance à l'UE" et que ce point ferait l'objet d'une évaluation dans les rapports à venir de la Commission.

D'après agence

le 01 juin 2008 à 17:59
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