
La peine a été prononcée mercredi : la cour d'assises de Liège a condamné Abdallah Aït Oud à la réclusion à perpétuité pour le meurtre et le viol de deux fillettes en juin 2006, un drame qui avait rappelé à la Belgique la pénible affaire Dutroux. Le tribunal l'a également condamné à une mise à la disposition du gouvernement pendant une période de 10 ans. Cela signifie qu'au cas où sa libération serait possible, généralement après 20 ans de détention, les autorités se réservent le droit de prolonger sa peine de dix années.
Mardi, les 12 jurés avaient reconnu Abdallah Aït Oud coupable de l'assassinat et du viol des petites Stacy Lemmens et Nathalie Mahy, 7 et 10 ans respectivement, deux ans jour pour jour après leur disparition à l'issue d'une braderie dans le quartier populaire de Saint Léonard, dans le nord de Liège. Les corps des deux fillettes, appartenant à une famille recomposée et issues d'un milieu défavorisé, avaient été retrouvés 18 jours plus tard, le long d'une voie de chemin de fer distante d'à peine quelques centaines de mètres des lieux de leur disparition.
Le souvenir de l'affaire Dutroux
La cour, selon les attendus du verdict, a tenu compte de "l'extrême gravité des faits qui ont touché deux jeunes enfants sans défense, au mépris total de la vie humaine". Elle a également retenu les antécédents judiciaires d'Aït Oud, un Marocain de 40 ans né en Belgique, déjà condamné pour le viol d'une adolescente, et qui prouvent, estime-t-elle, sa "dangerosité".
Entamé il y a deux semaines, le procès a replongé la Belgique dans l'horreur de la pédophilie et des meurtres d'enfants, dix ans après l'affaire Dutroux. Tout au long des débats, Abdallah Aït Oud a clamé son innocence et son avocat, Me Olivier Martins, avait plaidé l'acquittement, estimant que de nombreux doutes persistaient sur sa culpabilité. L'accusé, victime d'un malaise mardi à l'annonce que sa culpabilité était reconnue, avait une nouvelle fois clamé son innocence. La défense dispose d'un délai de 15 jours pour introduire un pourvoi en cassation.
En l'absence d'aveux de l'accusé et de témoins directs, l'accusation s'est fondée en grande partie sur des expertises scientifiques, notamment la découverte sur les vêtements d'Aït Oud de végétaux semblables à ceux présents sur le site de la voie ferrée, ainsi que de fibres du tee-shirt d'une des fillettes et de cheveux de la seconde.
D'après agence
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